La décision de l’ex-rébellion du M23 de prolonger les horaires d’ouverture des postes frontaliers a provoqué une vive inquiétude au sein du gouvernement provincial du Sud Kivu.
Dans un communiqué officiel rendu public ce lundi 5 octobre, les autorités provinciales ont exprimé leurs craintes quant aux conséquences sécuritaires et démographiques d’une telle mesure dans une région déjà fragilisée par les conflits armés.
Ces nouveaux horaires permettent désormais aux passagers de circuler jusqu’à minuit et maintiennent les activités de la Grande Barrière ouvertes jusqu’à deux heures du matin.
Le gouvernement provincial a rappelé que cette décision est survenue dans un contexte sécuritaire et humanitaire particulièrement instable, caractérisé par d’importants déplacements de populations et l’occupation de plusieurs localités par le groupe armé.
Les autorités de la province ont souligné que cette extension horaire non concertée risque de faciliter le passage incontrôlé de nouvelles populations vers le territoire congolais et d’encourager leur installation progressive dans les zones actuellement sous le contrôle des rebelles.
Face à cette évolution, le gouvernement du Sud Kivu a dénoncé des mouvements démographiques menés dans une opacité totale et suscite des craintes quant à une modification durable de la composition sociale de ces territoires.
Les autorités provinciales ont ainsi affirmé leur opposition ferme à toute politique visant le déplacement, le remplacement ou l’installation forcée de populations en République démocratique du Congo.
Afin de contenir ces risques, l’exécutif provincial a lancé un appel direct à la communauté internationale et aux agences des Nations unies. Il a exigé un suivi rigoureux des flux migratoires dans les zones occupées par l’ex-M23, insistant sur le fait que l’extension de ces horaires dépasse le cadre d’une simple gestion de la circulation transfrontalière et constitue un enjeu majeur pour la souveraineté nationale.
C. K. L.
