Fonction publique : transparence, salaires et retraite, les 5 chiffres qui changent tout

​Le Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a lors du briefing presse du lundi 18 mai, fait l’economie de la revue « La Fonction publique en chiffres ». Un grand débriefing de redevabilité qui lève le voile sur la réalité des effectifs et des salaires au sein de l’État congolais. Voici les 5 chiffres majeurs à retenir.

​1. Près de 1,9 million d’agents publics certifiés et rémunérés par l’État

​C’est la taille globale (1,87 million) de la force de travail de l’État congolais à ce jour. Ce chiffre englobe tous les secteurs : le Régime général, les Enseignants (EPST), les Magistrats, l’Armée, la Police, les Services de sécurité, ainsi que les personnels politique et diplomatique. À lui seul, l’État représente désormais 36 % de l’emploi formel en RDC.

​2. La parenthèse 2017-2019 : Un recrutement massif par clientélisme politique qui a sclérosé une Fonction publique aujourd’hui en voie de guérison

​Le rapport met en lumière cette phase critique de gestion, caractérisée par des vagues d’intégrations massives opérées en dehors des critères d’utilité publique. Cet afflux non planifié sur le plan budgétaire a lourdement pesé sur le système, faisant grimper l’effectif théorique du Régime général à un pic historique de plus de 1,2 million d’agents déclarés. Cette surcharge a longtemps bloqué la machine administrative et accentué le phénomène des agents « Non Payés », un mal que les réformes actuelles s’efforcent désormais de guérir par une thérapie de rigueur et de transparence.

​3. Le grand nettoyage : Le retour à la rigueur avec 549 121 agents validés

​Face à cet héritage complexe, le ministère a privilégié une approche purement technique et factuelle. Grâce aux opérations de certification et d’identification physique, le fichier a été minutieusement épuré de ses doublons et de ses listes gonflées. Ce traitement rigoureux a permis de ramener le fichier à un noyau réel et vérifié de 549 121 agents réguliers, désormais pris en charge de manière stable par le Trésor public. À Kinshasa, le tri a été révélateur : sur 450 000 déclarés au départ, seuls 148 000 ont été physiquement validés.
​4. Un salaire moyen multiplié au minima par 3, passant de 126 000 FC à 516 000 FC

​Malgré le poids de ce passif sur la masse salariale, le rapport montre une trajectoire ascendante de la rémunération moyenne globale des fonctionnaires réguliers. Elle est passée de 125 999 FC en 2016 à 516 465 FC en 2025, soit une multiplication par 4,1. Dans d’autres secteurs comme la Justice, la moyenne a grimpé jusqu’à 2 605 667 FC, tandis que le secteur de l’Enseignement (EPST) affiche une moyenne de 309 845 FC.

​5. 311 000 agents éligibles à la retraite

​C’est le grand défi du rajeunissement de l’appareil étatique et de la justice sociale. Après une décennie d’inertie (à peine 923 départs entre 2011 et 2020), la dynamique s’est inversée avec 17 200 mises à la retraite au cours des 5 dernières années, sous l’égide de la CNSSAP. Le rythme s’accélère : 1 200 départs immédiats sont annoncés, suivis de 3 000 autres le mois prochain, libérant ainsi des places indispensables pour mécaniser et régulariser les vrais agents « Non Payés » (NP).

​En bref : Avec ce tableau de bord statistique, la Fonction publique quitte définitivement l’ère des approximations pour entrer dans celle du pilotage par les données. Le diagnostic est posé, la trajectoire de redressement est tracée, et bien d’autres chiffres structurés et structurants sont à découvrir dans la revue « La Fonction publique en chiffres ».

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