Beni : la flambée des prix alimentaires étouffe les ménages

​Les prix des produits vivriers de première nécessité ont connu une augmentation spectaculaire sur les marchés de Beni, plongeant les ménages locaux dans une grande inquiétude. Le kilogramme de la tomate locale est ainsi passé de 2 800 à 3 500 francs congolais, tandis que celui de l’oignon est grimpé de 2 500 à 2 800 francs congolais. La carotte, autrefois vendue entre 2 300 et 2 500 francs congolais, a atteint la barre des 3 000 francs congolais.

​Cette hausse vertigineuse des prix s’explique principalement par le délabrement avancé des routes de desserte agricole et le manque d’entretien des vergers. Au-delà des infrastructures routières défaillantes, les acteurs ruraux pointent du doigt la difficile problématique de l’accès aux terres cultivables.

Kambale Amani, membre de l’organisation paysanne Solidarité pour la promotion des activités vivrières (SOPROV), a expliqué qu’en dépit des efforts fournis par les producteurs pour approvisionner le marché, ces derniers restent confrontés à une grave insuffisance de terres. Il a déclaré que son organisation milite désormais pour la promotion de l’agriculture urbaine et périurbaine, déplorant que des espaces sécurisés et accessibles en ville soient détenus par des commerçants plutôt que d’être exploités pour nourrir la population.

​Cette détérioration de la situation sur les marchés a coïncidé avec la présence à Beni d’une délégation du ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire venue évaluer la campagne agricole 2025-2026 et soutenir la saison en cours. L’année dernière, le pouvoir central avait distribué des semences et mis des tracteurs à la disposition des exploitants.

Richard Mulende, directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, a rappelé que le gouvernement a déployé des programmes d’appui tels que le Projet national de développement agricole (PNDA), qui intègre la réhabilitation des axes routiers en coordination avec le ministère du Développement rural pour pallier ces obstacles.

​Bien que la délégation gouvernementale a jugé les résultats satisfaisants par rapport aux moyens et aux semences maraîchères distribués, la remise en état des routes et des infrastructures agricoles demeure au cœur des urgences pour stabiliser durablement les prix dans la région.

C. K. L.

More From Author

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You May Also Like