Une nouvelle étape semble franchie dans la quête de paix dans l’est de la République démocratique du Congo. La MONUSCO a salué les progrès significatifs réalisés à Montreux lors des pourparlers tenus du 13 au 18 avril 2026 entre le gouvernement congolais et l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars (AFC/M23), dans le cadre du processus de Doha.
Vers un accord sur l’accès humanitaire
La Mission onusienne s’est félicitée des avancées enregistrées en vue de la signature d’un protocole clé portant sur l’accès humanitaire et la protection judiciaire. Cet accord, encore en discussion, est considéré comme crucial pour soulager les populations civiles durement affectées par le conflit.
La MONUSCO exhorte les parties à maintenir leur engagement afin d’aboutir rapidement à une signature, condition essentielle pour améliorer la situation humanitaire dans les zones touchées.
Engagements renforcés pour la protection des civils
Les discussions ont également permis d’arracher des engagements importants en faveur d’un accès humanitaire rapide, sécurisé et sans entrave. Les parties ont réaffirmé leur volonté de respecter les normes du droit international, notamment en matière de droits de l’homme et de protection des réfugiés.
Une attention particulière a été portée aux groupes vulnérables, en particulier les femmes et les enfants, ainsi qu’à la préservation des moyens de subsistance et des infrastructures essentielles, dans une perspective de relèvement socio-économique durable.
Mesures de confiance et mécanismes de vérification
Parmi les avancées notables figure la poursuite des mesures de rétablissement de la confiance, notamment la libération et l’échange de détenus avec l’appui du Comité international de la Croix-Rouge.
La signature d’un mémorandum d’entente avec la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs ouvre par ailleurs la voie à l’opérationnalisation du Mécanisme conjoint élargi de vérification Plus (MCVE+), un outil jugé essentiel pour le suivi du cessez-le-feu.
Un cessez-le-feu sous conditions strictes
La MONUSCO insiste sur la nécessité de mettre en place un mécanisme de suivi crédible, transparent et pleinement opérationnel. Celui-ci devra contribuer à réduire les violences et à restaurer progressivement l’autorité de l’État dans l’est du pays.
Toutefois, la mise en œuvre effective du cessez-le-feu dépend de plusieurs conditions : arrêt de l’utilisation de drones offensifs, fin du brouillage des signaux GPS, liberté de mouvement pour les équipes sur le terrain, ainsi que sécurisation de l’espace aérien.
La MONUSCO prête à appuyer le processus
Conformément à son mandat, la Mission se dit prête à mobiliser ses moyens logistiques et techniques pour soutenir les premières missions de vérification dans le cadre des mécanismes mis en place.
Elle appelle enfin les parties à capitaliser sur cette dynamique positive, à traduire les engagements en actions concrètes et à poursuivre les négociations sur les points encore en suspens, dans l’intérêt des populations civiles.
Ces avancées diplomatiques marquent une étape encourageante, mais leur impact réel dépendra désormais de leur application effective sur le terrain, dans une région où les attentes en matière de paix restent immenses.
Joël Ekutshu
