Le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, alerte sur une perte massive de revenus publics dans les zones échappant au contrôle de l’État.
S’exprimant lors d’un briefing officiel aux côtés du ministre Patrick Muyaya, il a affirmé que les recettes générées dans ces territoires atteindraient entre 17 et 20 millions de dollars américains par mois. D’après lui, ces fonds ne bénéficient en rien à la province et seraient intégralement drainés hors du circuit économique local.
Dans son analyse, l’autorité provinciale pointe également des défaillances internes ayant favorisé cette situation. Il évoque des complicités au sein de certains services publics et structures administratives, accusées d’avoir contribué à la désorganisation du système fiscal. Face à cette réalité, le gouvernorat affirme avoir été contraint de revoir en urgence ses mécanismes de mobilisation des recettes afin de limiter les pertes.
Pour y faire face, un dispositif exceptionnel a été mis en place, notamment au niveau des postes frontaliers avec les pays voisins. Ce système permet de capter une partie des taxes en amont, avant l’entrée des marchandises sur le territoire. Grâce à cette stratégie, les autorités provinciales indiquent parvenir à sécuriser environ 4 millions de dollars mensuels, un niveau toutefois largement inférieur au potentiel initial de la province.
Malgré ces efforts, Jean-Jacques Purusi Sadiki dénonce la persistance d’un circuit parallèle de collecte des recettes, qu’il qualifie de structuré et coercitif. Il affirme que les populations locales seraient soumises à des prélèvements sous contrainte, dans un contexte économique déjà fragile. Pour lui, cette situation compromet gravement les projets de développement et renforce la nécessité d’une mobilisation accrue pour restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire provincial.
CKK
