L’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC), censée être un haut lieu du savoir, de la réflexion et de la formation des élites, traverse actuellement une période de fortes turbulences institutionnelles. Depuis l’arrivée de la rectrice Bayedila à la tête de cette institution universitaire, plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer un climat de tension, des violations répétées des textes réglementaires ainsi qu’une atteinte aux droits des personnels et des étudiants.
Selon plusieurs sources internes, aucun jour ne semble passer sans qu’un nouvel acte jugé controversé ne soit posé au sein de cet Alma mater. Des membres de la communauté universitaire affirment assister à ce qu’ils qualifient de dérive autoritaire marquée par des décisions administratives contestées et une gestion décrite comme brutale par certains observateurs.
L’un des faits les plus marquants reste la révocation de plus de 247 agents, comprenant des personnels académiques, scientifiques et administratifs. Cette décision, selon plusieurs agents concernés, aurait été prise sans justification suffisante et en violation des procédures administratives établies par l’État congolais. Pour certains membres de la communauté universitaire, cette mesure aurait installé un climat de peur et d’incertitude au sein du personnel.
Surnommée par certains étudiants « la dame de fer », la rectrice est aujourd’hui au centre d’une nouvelle polémique liée à l’organisation des élections étudiantes. Il y a environ 72 heures, une décision annonçant la tenue des élections des représentants des étudiants notamment les postes de président, vice-président, chefs de promotion et chefs adjoints a été affichée sur les valves de l’université.
Cependant, à la grande surprise de nombreux étudiants, le calendrier électoral publié ne prévoirait pas plusieurs étapes essentielles habituellement exigées dans un processus électoral transparent. Plusieurs étudiants soulignent notamment l’absence d’une période officielle de dépôt des candidatures, de l’examen et de l’affichage des candidatures provisoires, des délais de recours pour les candidatures rejetées, ainsi que de la publication définitive des listes des candidats retenus.
Autre point qui suscite de vives critiques : l’introduction d’un article 6 dans les conditions d’éligibilité. Celui-ci rendrait inéligibles tous les anciens chefs de promotion et chefs de promotion adjoints ayant exercé sous le mandat de l’ancien recteur, le professeur Kambayi Bwatshia. Plusieurs étudiants dénoncent une disposition qu’ils qualifient de discriminatoire et qu’ils ont déjà surnommée « la loi Bayedila ».
Les critiques vont encore plus loin. Certains étudiants affirment que la campagne électorale ne sera pas autorisée, ce qui signifie que les candidats ne pourront pas présenter leurs programmes devant leurs électeurs. Plus surprenant encore, les noms des candidats retenus ne seraient communiqués qu’au moment même du vote, quelques minutes avant l’ouverture des urnes. Une situation qui soulève de nombreuses interrogations sur la transparence du processus.
Par ailleurs, certains prétendants aux postes électifs, sous couvert d’anonymat, évoquent des cas présumés d’exclusion fondés sur l’origine régionale, évoquant notamment des accusations de tribalisme visant des étudiants originaires de l’espace Kasaï. D’autres affirment avoir été intimidés lors de passages de responsables administratifs dans les auditoires, où des menaces d’exclusion définitive auraient été proférées contre ceux qui contesteraient l’organisation actuelle des élections.
Face à cette situation, plusieurs étudiants montent au créneau pour dénoncer ce qu’ils qualifient de dictature administrative, d’ingérence et de violation de leurs droits fondamentaux. Selon eux, l’université serait progressivement plongée dans un climat de peur et de méfiance généralisée.
« Tous les indicateurs à l’UNISIC semblent être au rouge et une implosion est très probable dans les jours à venir », confie un étudiant candidat exclu par l’article 6, qui a requis l’anonymat.
Les étudiants de cette université se préparent déjà à faire un sit-in ce vendredi à la cité de l’OUA auprès du chef de l’État, Félix Tshisekedi, pour dénoncer cette dérive dictatoriale imposée par le comité de gestion dirigé par la dame de fer Bayedila qui dit être protégée par le bouclier antimissile de la ministre de l’ESURS Thérèse Sombo, dont personne ne pourra l’atteindre, nous confie un prétendant candidat à la présidence des étudiants, qui a également requis l’anonymat par peur de représailles après les menaces proférées récemment dans les auditoires.
Dans l’attente d’une réaction officielle des autorités académiques et gouvernementales, la situation reste particulièrement tendue au sein de l’UNISIC. Beaucoup espèrent désormais une intervention des autorités compétentes afin d’éviter une escalade de la crise et de préserver la stabilité de cette institution stratégique dans la formation des professionnels de la communication en République démocratique du Congo.
JEK
