À peine 24 heures après la signature d’un accord de paix historique entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda à Washington, la province burundaise de Cibitoke a été secouée par deux explosions ce vendredi, relançant les inquiétudes sécuritaires dans la région des Grands Lacs.
La première explosion a eu lieu aux environs de 10h, dans la commune de Rugombo, quartier Nyakagunda. Un projectile est tombé non loin de l’église libre méthodiste, à proximité du cimetière des Allemands. D’après les informations relayées par un confrère journaliste burundais Antoine Kaburahe, un enfant a été grièvement blessé dans cette détonation, suscitant une vive émotion au sein de la population locale.
Moins de trois heures plus tard, à 12h30, une seconde explosion a été signalée sur la colline de Mparambo (transversale 2), dans la même commune de Cibitoke. Le projectile serait tombé à une dizaine de mètres d’une position militaire burundaise, sans faire de victimes selon les premières constatations.
Accord de paix trahi ?
Ces bombardements surviennent dans un contexte diplomatique sensible. En effet, le président burundais Évariste Ndayishimiye, témoin de la signature de l’accord de paix du 4 décembre entre Kinshasa et Kigali, s’était montré confiant quant au retour progressif de la stabilité dans la région.
Le Rwanda voit le Burundi comme nouvelle cible ?
Cependant, plusieurs sources locales et sécuritaires n’excluent pas que ces tirs proviennent du Rwanda, malgré le climat de réconciliation affiché à Washington. Cette hypothèse, si elle se confirmait, mettrait à rude épreuve la sincérité des engagements pris lors de la tripartite RDC-Rwanda-USA.
Le gouvernement burundais ne s’est pas encore officiellement exprimé sur ces incidents, mais des renforts auraient été déployés à la frontière nord-ouest pour prévenir toute escalade.
Dans un climat aussi volatile, ces actes violents viennent rappeler que la paix dans la région reste fragile, malgré les initiatives diplomatiques, et que les populations civiles restent les premières victimes de ces tensions récurrentes.
Joël Ekutshu
