RDC/Assemblée Nationale : 13 députés fictifs retirés de la liste des rémunérations

L’Assemblée nationale vient de rectifier une anomalie budgétaire majeure : 13 députés litigieux ont été retirés de la liste des rémunérations. Cette suppression permet d’économiser 1,5 million de dollars par an, une somme qui pesait indûment sur les finances publiques. L’alerte a été donnée par le Centre de recherche en finances publiques et Développement local (CREFDL), qui avait dénoncé la présence de 513 députés rémunérés au lieu des 500 réellement élus.

Face à la pression de la société civile et de l’opinion publique, la Chambre basse du Parlement a corrigé cette irrégularité. Cette mesure constitue une avancée en matière de gestion budgétaire, mais ne règle pas pour autant toutes les anomalies financières relevées dans le budget du Parlement.

Des dépenses toujours opaques-

Si la suppression des 13 députés contestés marque une avancée vers une gestion plus rigoureuse des finances publiques, elle ne suffit pas à assainir complètement le budget du Parlement. En effet, le CREFDL dénonce encore plusieurs irrégularités majeures, notamment une inflation du personnel rémunéré. Les cabinets du bureau de l’Assemblée nationale comptent 2 756 membres, alors que le Règlement intérieur n’en autorise que 207. Cette surenchère administrative représente un fardeau considérable pour les finances publiques et soulève des questions sur la gestion des ressources au sein de l’institution.

Par ailleurs, l’ONG pointe du doigt un “Fonds spécial d’intervention” de 182 millions de dollars, dont l’affectation reste floue. Selon ses estimations, cette somme aurait pu financer la construction de 2 276 écoles à travers le pays, contribuant ainsi à combler le déficit en infrastructures éducatives. Ce manque de transparence dans l’utilisation des fonds publics alimente les inquiétudes de la société civile, qui continue d’exiger des réformes profondes pour une gouvernance plus responsable et efficace.

Ces anomalies traduisent un manque de transparence dans l’exécution de la loi de finances et soulèvent des questions sur la gestion des ressources publiques par le Parlement.

Appel à la rigueur budgétaire-

Malgré la suppression des députés fictifs, le train de vie du Parlement demeure excessif. La structure de la société citoyenne exhorte l’Assemblée nationale à réduire ses dépenses et à adopter une gestion plus rigoureuse des fonds publics. Dans ses recommandations, l’ONG rappelle qu’elle avait déjà adressé un courrier au président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, le 29 mai 2024, plaidant pour une réduction du train de vie du Parlement et une meilleure allocation des ressources.

Si cette première victoire sur les dérives budgétaires est encourageante, elle met aussi en lumière l’ampleur des défis à relever pour instaurer une véritable culture de la transparence et de la redevabilité au sein des institutions congolaises.

Cedrick Katay Kalombo

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