Alors que le prix du maïs flambe et que les mamans se battent pour un sac de grain, le domaine agricole Mutombo a déversé 5 tonnes de maïs sur le marché de Kananga. Une bouffée d’oxygène, mais est-ce suffisant ?
À Kananga, le maïs est devenu de l’or. Les prix flambent, les stocks s’épuisent, les ménages peinent à se nourrir.
Face à cette pénurie qui étrangle la ville, un opérateur agricole a décidé de ne pas rester les bras croisés.
Le Domaine agricole Mutombo (DAGRIMU) vient de déverser 5 tonnes de maïs grain sur le marché local. Objectif : casser la spéculation et permettre aux familles de s’approvisionner.
« Il fallait agir, vite »
Pour Jean Marcel Mutshipayi, coordonnateur de la structure, il n’y avait plus le choix.
Deux urgences : faire face à la hausse progressive des prix et permettre à un plus grand nombre de ménages d’accéder à cette denrée de première nécessité.
5 tonnes, c’est peu face à l’ampleur des besoins. Mais pour les consommateurs de Kananga, c’est déjà un soulagement. Un signal fort : le marché ne doit pas être abandonné aux spéculateurs.
Au-delà de Kananga, la question de la souveraineté alimentaire
Cette initiative relance un débat beaucoup plus large.
Combien de temps la RDC, pays aux terres immenses, va-t-elle encore dépendre des importations et subir les pénuries ?
À Kananga comme ailleurs, la sécurité alimentaire reste une préoccupation majeure. Et la solution ne viendra pas seulement des dons ou des interventions ponctuelles.
Elle viendra du soutien réel aux producteurs locaux, du renforcement des capacités de production agricole, et de la valorisation de ceux qui, comme DAGRIMU, choisissent de produire ici, pour nourrir ici.
En attendant, à Kananga, 5 tonnes de maïs ont redonné un peu d’espoir. Mais demain, les mamans retourneront au marché. Et elles attendront plus que 5 tonnes.
Mardochée Munsi
