PÉAGE DE MIKA : 150 USD pour rouler sur l’enfer

Au Kwango, les transporteurs paient le prix fort pour des routes qui n’existent presque plus. Au péage de Mika, on exigerait jusqu’à 150 dollars par camion. Mais où va l’argent ?

Payer pour souffrir. C’est le calvaire quotidien des transporteurs de poids lourds qui traversent la province du Kwango.
Alors que plusieurs tronçons sont dans un état de dégradation avancée, parfois tout simplement impraticables, des individus continueraient d’exiger jusqu’à 150 dollars américains par camion au péage de Mika.

150 dollars pour rouler sur des cratères. 150 dollars pour risquer de casser son camion. 150 dollars pour une route qui ne garantit même plus le minimum.

Les chauffeurs n’en peuvent plus.

« On paie pour quoi, au juste ? »

La question revient dans toutes les bouches. Comment justifier une telle perception quand les infrastructures concernées ne permettent même plus de circuler normalement ?

Les transporteurs ne refusent pas de payer. Ils refusent de payer pour rien.Car au-delà du montant, c’est une autre question qui fâche : qui perçoit réellement cet argent ?

Le FONER interpellé : où va l’argent de Mika ?

Les sommes collectées à Mika sont-elles versées dans les caisses de l’État ? Les percepteurs disposent-ils d’une autorisation légale ? Existe-t-il une tarification officiellement établie?

Le Fonds national d’entretien routier (FONER) est désormais directement interpellé. Il doit éclairer l’opinion sur la légalité de ces perceptions, les mécanismes de contrôle et surtout, la destination réelle des fonds.

Des routes, pas des promesses

Les usagers ne demandent pas la lune. Ils demandent la transparence et des routes dignes de ce nom.

Les autorités provinciales et nationales sont appelées à se saisir de ce dossier. Car à force de faire payer les transporteurs sans jamais réparer les routes, le péage de Mika risque de devenir le symbole d’une injustice : une taxe sur la misère.

Une question demeure, et elle résume tout : À quoi servent les frais de péage si les routes continuent de se dégrader ?

Mardochée Munsi

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