Motos surchargées, mains non lavées, soignants sans protection. Pendant qu’Ebola continue de tuer, les gestes qui sauvent sont encore ignorés dans le Nord-Kivu. Ce constat alarmant a été fait par la consœur Radio Okapi ce jeudi 29 octobre 2026. Dans le triangle Beni, Butembo, Lubero, épicentre de l’épidémie, les mesures de prévention passent au second plan. Sur les routes, la règle est oubliée. Les taxi-motos continuent de transporter deux, trois passagers collés l’un à l’autre, malgré l’interdiction formelle des autorités provinciales. Une promiscuité idéale pour le virus. Devant les commerces, les écoles et les églises, même scénario. Les dispositifs de lavage des mains ont disparu ou n’ont jamais été installés. À l’intérieur, les poignées de main et les accolades continuent comme si de rien n’était.
Le plus inquiétant se joue dans les centres de santé. Selon des sources sanitaires, plusieurs structures privées fonctionnent sans kits de protection. Des infirmiers et médecins exposés, sans gants, sans masques adéquats, en première ligne face au virus. Et le bilan s’alourdit chaque jour.
Selon les chiffres officiels du 25 octobre, l’hécatombe continue : 445 morts dans la zone de santé de Katwa, 466 décès à Beni et 119 autres dans la zone de santé de Butembo depuis le début de l’épidémie. Plus d’un millier de vies fauchées. Face à cette flambée, les autorités le rappellent : sans respect strict des mesures dans les transports, les lieux publics et surtout dans les structures de soins, et sans équipements de protection pour les soignants, la chaîne de transmission ne sera pas brisée.
Charlotte MUKANGA
