Santé : les reins, un organe silencieux qui lâche sans prévenir. Découvrez comment les protéger

Jour et nuit, les reins filtrent le sang sans bruit ni douleur. Le piège est là : jusqu’à 80% de leur capacité peut disparaître sans aucun symptôme visible. Le Global Burden of Disease estime qu’environ 10% des adultes dans le monde présentent une dysfonction rénale. La majorité l’ignore.

« En réalité, seules 10 à 20 % des personnes atteintes de maladie rénale chronique savent qu’elles en souffrent, aussi parce que des symptômes comme la fatigue matinale ou une tension un peu élevée sont peu spécifiques et que les reins ne montrent un déficit que lorsqu’ils sont déjà très atteints et ont perdu au minimum la moitié de leur fonctionnalité », explique le néphrologue Luca De Nicola, président de la Société Italienne de Néphrologie.

Cette maladie avance masquée. Les reins épurent les déchets, régulent la tension, l’eau, le sel et certaines hormones. L’organisme compense longtemps, surtout en présence de diabète, d’hypertension, d’obésité ou de maladies cardiaques. Tabac, alimentation très salée ou sucrée et sédentarité accélèrent la dégradation des vaisseaux rénaux. Avec l’âge, la réserve rénale diminue et le moindre épisode de forte chaleur, de fièvre ou de diarrhée, associé à un manque d’hydratation ou à la prise d’AINS comme l’ibuprofène en automédication, peut déclencher une insuffisance rénale aiguë.

Les 8 règles d’or pour préserver durablement les reins

La protection des reins passe par des habitudes simples qui protègent aussi le cœur et les vaisseaux. L’activité physique régulière reste essentielle, marche rapide, vélo ou natation, pour entretenir le système cardiovasculaire. La surveillance de la tension artérielle est tout aussi cruciale, avec une réduction du sel caché dans les plats préparés, les charcuteries et les snacks, et le respect strict des traitements antihypertenseurs.

Le maintien d’un poids de santé s’appuie sur une cuisine maison riche en légumes et légumineuses, en limitant les boissons sucrées et les produits ultra-transformés. Le contrôle de la glycémie est déterminant pour les personnes à risque ou diabétiques, avec une observance rigoureuse du traitement.
L’hydratation doit être régulière tout au long de la journée, adaptée à la chaleur, à l’effort et à l’âge, selon les conseils du médecin. La limitation de l’alcool est recommandée, avec le repère de Santé publique France fixé à 10 verres par semaine maximum et 2 verres par jour au plus. L’arrêt du tabac s’impose, car le tabac endommage directement les vaisseaux rénaux. Enfin, l’automédication prolongée avec des AINS et les compléments dits « détox » est à éviter, tout usage régulier nécessitant un avis médical.

Le dépistage qui change tout

Selon la Haute Autorité de Santé, un dépistage ciblé annuel est recommandé pour les adultes à risque, diabète, hypertension, obésité, maladie cardiovasculaire ou antécédents familiaux. Deux examens simples suffisent : la mesure de l’albuminurie dans les urines, souvent sous forme de ratio albuminurie/créatininurie, et le dosage de la créatininémie dans le sang pour calculer le DFG, le débit de filtration glomérulaire.


L’Assurance Maladie rappelle qu’une simple bandelette urinaire au cabinet peut déjà révéler une fuite de protéines. En cas de fatigue inhabituelle, d’œdèmes des chevilles, d’urines très foncées ou de sang dans les urines, la consultation rapide permet de détecter la maladie à temps et d’en freiner la progression.

Charlotte MUKANGA

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