Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko, s’est exprimé ce jeudi 22 octobre 2026 lors d’un briefing presse axé sur les réformes du secteur judiciaire et la gestion des affaires publiques récurrentes en République démocratique du Congo. Confronté aux multiples défis touchant l’appareil judiciaire, le Custode des Sceaux a fait le point sur la situation carcérale préoccupante du pays, les enquêtes sensibles en cours, la lutte contre l’impunité, ainsi que la préservation des relations diplomatiques et sécuritaires de la RDC.
Abordant en premier lieu la question de la surpopulation carcérale, le ministre d’État a prôné une révision en profondeur de la politique pénitentiaire congolaise. « Pour le peuple congolais, la prison est perçue comme un lieu de punition », a relevé Guillaume Ngefa, insistant sur la nécessité absolue de transformer cette approche globale.
Le garde des Sceaux plaide pour l’adoption d’un modèle inspiré de la « prison-école » afin que les détenus ne ressortent pas plus criminalisés qu’à leur entrée.
Face à la saturation critique d’établissements comme la prison centrale de Makala ou la prison de Beni-Kangwali, cette dernière accueillant plus de 2 300 personnes pour une capacité initiale de 250 places , le ministre a réitéré la décision de suspendre les nouvelles admissions non réglementées à Makala, tout en annonçant la fermeture de certains centres non conformes ainsi que le transfert ciblé de détenus vers d’autres infrastructures du pays. Guillaume Ngefa a également précisé que des commissions médicales ont été déployées pour identifier les personnes malades susceptibles de bénéficier de mesures d’élargissement ou de liberté humanitaire.
Outre le chantier pénitentiaire, Guillaume Ngefa Atondoko s’est attardé sur l’assainissement du secteur foncier et la lutte contre les réseaux d’usurpation de titres immobiliers. Il a fermement rappelé qu’en milieu urbain comme à Kinshasa, la terre appartient à l’État et qu’aucun chef traditionnel ou de quartier ne dispose du droit d’en faire le commerce.
Le ministre de la Justice a averti que les fonctionnaires impliqués dans la falsification de documents originaux pour produire de faux certificats d’enregistrement feront l’objet de poursuites pénales rigoureuses, soulignant que plusieurs agents de l’administration ont déjà été suspendus et déférés devant la justice.
Pour éradiquer ces spoliations à la source, le gouvernement mise sur la digitalisation progressive des services fonciers et la création future de « compounds judiciaires » regroupant parquets, tribunaux et maisons d’arrêt dans les entités décentralisées.
Répondant aux préoccupations relatives aux dossiers judiciaires de haute intensité et aux procédures de perquisition impliquant des entités étrangères ou des citoyens belges, le ministre d’État a rappelé l’exigence de vérité, de rigueur et d’indépendance de la justice, rejetant toute politisation ou traitement des affaires sur les réseaux sociaux.
S’agissant des enquêtes en cours nécessitant des autopsies ou des rapports toxicologiques sur les circonstances de la mort du militant de la C64 , il a martelé : « Il ne m’appartient pas de faire des commentaires sur ces sujets. Lorsque l’enquête sera terminée et que le rapport de toxicologie sera établi, nous avancerons. Ce que nous cherchons, c’est la vérité et la justice. »
Signalons que le gouvernement a profité de cet échange pour lancer un avertissement ferme contre la prolifération des discours de haine, de discrimination et des appels à la violence sur les réseaux sociaux, rappelant que l’anonymat en ligne n’existe pas et que toute dérive visant la stabilité du pays ou la sécurité des partenaires internationaux sera sévèrement sanctionnée par la justice.
C. K. L.
