Les difficultés d’accès à une alimentation suffisante et équilibrée ont touché de plein fouet les enfants vivant dans la rue à Bunia, en Ituri, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de l’alimentation. Cette situation dramatique concerne particulièrement des enfants issus de familles déplacées par les violences armées dans le territoire de Djugu, ainsi que des orphelins et des mineurs séparés de leurs parents.
Pour de nombreux jeunes errant dans les rues de Bunia, manger à sa faim est devenu un défi quotidien. Certains ont raconté avoir fui leur village pour échapper à l’insécurité, tandis que d’autres ont perdu la trace de leurs parents lors des tueries perpétrées par les groupes armés. Privés de tout encadrement familial, ces enfants ont exprimé le vœu ardent de retrouver une vie normale, d’aller à l’école et de se nourrir convenablement.
Les organisations de protection de l’enfance ont alerté sur les dangers graves auxquels ces mineurs ont été exposés dans la rue. Une membre de l’organisation ICOFEM, Micheline Nangandu, a exprimé son amertume face à la consommation de substances toxiques par ces enfants vulnérables. Elle a souligné que ces derniers ont utilisé des colles pour tenter d’oublier leur précarité, ce qui a constitué un danger réel pour leur santé à long terme.
Signalons que plusieurs observateurs ont estimé qu’une assistance ponctuelle n’a pas suffi à résoudre les problèmes structurels de ces enfants, plaidant ainsi pour des solutions durables garantissant l’accès à une alimentation équilibrée, à l’éducation, à un encadrement familial stable et à des mécanismes de protection adaptés.
C. K. L.
