La menace d’un arrêt total des transports en commun fait peser le risque d’une paralysie générale sur la ville de Kinshasa pour ces lundi et mardi. L’Alliance des associations des chauffeurs professionnels de la RDC a appelé à une cessation de travail de deux jours afin de protester contre la détérioration de leurs conditions d’exercice et l’insécurité grandissante.
Les grévistes ont exigé des autorités urbaines des réponses claires sur plusieurs revendications urgentes, notamment la gestion transparente de la taxe de stationnement, la construction de parkings et d’arrêts de bus adéquats, ainsi que la révision des tarifs officiels du transport urbain.
Face aux pressions et aux risques de tensions dans la capitale, la corporation des chauffeurs s’est affichée divisée quant à la conduite à tenir sur le terrain.
Le président de Mobilasbl, Éric Mayanga, ainsi que le président de la Mutuelle pour la solidarité des chauffeurs au Congo (MSCC), Jardin Ngoy, ont confirmé le maintien du mot d’ordre d’arrêt de travail au micro de Pascal Kapalaï. Ils ont déclaré que les transporteurs attendent des engagements fermes de la part des autorités pour sortir de la précarité et garantir un cadre de travail structuré.
À l’inverse, d’autres dirigeants syndicaux ont mis en garde contre le risque d’une paralysie de la ville et ont appelé à lever le mot d’ordre. Le président du Collectif des chauffeurs du Congo, Émery Kasongo, parlant également au nom de l’ACVK dirigée par Saint-Paul Maloungi et de l’EICC représentée par Peter Mulaba, a annoncé que la grève a été reportée à une date ultérieure. Il a souligné que les autorités ont accepté d’ouvrir un dialogue direct et que le contexte sécuritaire impose de préserver la paix sociale.
S’exprimant devant la presse, Émery Kasongo a déclaré qu’au regard de la situation complexe que traverse la nation, les conducteurs doivent privilégier la sérénité et la retenue. Il a invité tous les chauffeurs de bus et de taxis-bus de Kinshasa à vaquer librement à leurs occupations quotidiennes sans crainte d’éventuelles représailles.
Malgré ces appels à la reprise, l’incertitude du clima syndical a fait craindre un fort ralentissement des activités socio-économiques à travers toute la métropole kinoise.
C. K. L.
