Des adeptes du mouvement socioreligieux Bundu Dia Kongo (BDK) se sont rassemblés à Mbanza-Mboma, dans la province du Kongo Central, pour rejeter la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), l’organisation politico-militaire initiée à Goma par l’ancien président Joseph Kabila. Renvoyant aux violents affrontements subis sous son régime, les manifestants apportent leur soutien aux Forces armées de la RDC (FARDC) et aux milices « Wazalendo ».
La tension politique et sécuritaire qui sévit dans l’est de la République démocratique du Congo trouve un écho jusqu’à l’autre bout du pays. À Mbanza-Mboma, plusieurs adeptes de Bundu Dia Kongo se sont mobilisés pour exprimer une opposition ferme au mouvement politico-militaire attribué à l’ex-chef de l’État.
Pour cette communauté, l’annonce du FRN ravive une mémoire particulièrement douloureuse. Lors des prises de parole, les participants ont rappelé les sanglantes répressions enregistrées dans la province sous la présidence de Joseph Kabila, évoquant d’importantes pertes humaines et un sentiment d’injustice persistant.
Exprimant leur préoccupation face à la détérioration du climat sécuritaire à Goma et Bukavu, les adeptes de BDK ont réaffirmé leur attachement à la souveraineté du territoire national. Ils ont appelé à l’unité des forces patriotiques autour des institutions de la République et des FARDC, tout en affichant leur soutien aux milices « Wazalendo ».
Cette mobilisation illustre la manière dont la réorganisation des forces politiques et militaires dans l’Est peut susciter des réactions vives dans d’autres régions du pays, en particulier lorsqu’elles réveillent des blessures historiques locales. À Mbanza-Mboma, le message de BDK demeure univoque : un rejet net de l’initiative de Joseph Kabila et une affirmation de leur fidélité à l’unité nationale.
Mardochée Munsi
