C’est le poumon économique de Lubumbashi qui est à l’arrêt. Ce mercredi 8 octobre, le marché central Kenya est resté portes closes. Rideaux baissés, étals désertés, clients refoulés : les commerçants ont décrété une grève sèche pour se faire entendre.
Trop de taxes, trop de tracasseries
Les opérateurs économiques ne décolèrent pas. Ils dénoncent une pression fiscale étouffante. Selon eux, ils sont asphyxiés par une multiplicité de taxes qu’ils jugent illégales et non justifiées.À cela s’ajoutent deux autres maux qui plombent leurs affaires au quotidien : l’occupation anarchique et la gestion opaque des espaces situés devant leurs magasins, et surtout, l’état de délabrement très avancé des routes d’accès au marché Kenya. Des voies impraticables qui rendent difficile l’acheminement des marchandises et l’accès des clients.
Arrestations et bras de fer
La tension est montée d’un cran ce jeudi. D’après Héritier Kalume, secrétaire de l’association des commerçants, plus d’une dizaine de commerçants auraient été interpellés par la police. Leur tort ? Avoir simplement voulu présenter leurs doléances aux autorités, rapporte Top Congo FM.Une arrestation qui a mis le feu aux poudres et radicalisé le mouvement.
Les grévistes sont catégoriques : pas de réouverture tant que leurs revendications ne seront pas prises en compte. Ils interpellent directement le gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe, et la maire de la ville, Joyce Tunda.En paralysant l’un des plus grands marchés de Lubumbashi, les commerçants mettent les autorités provinciales et municipales sous pression.
Le sort de milliers de familles et l’approvisionnement de la ville dépendent désormais de l’issue d’un dialogue qui s’annonce inévitable.
Mardochée Munsi
