Ils ont 18 ans, sac à dos et 20.000 FC en poche. Direction : Kinshasa. Une seule phrase en tête, » à Kinshasa, il y a la vie ». Chaque semaine, des bus entiers quittent Kikwit, Mbandaka, Idiofa, Inongo. Pourquoi ?
Les reporters de CongoMarketNews.com, ont détecté ce mercredi 30 Septembre 2026, quelques vérités qui fâchent, notamment: au village, pas d’avenir. Pas d’emploi, pas de courant stable, pas d’université,… Tout a été concentré à Kinshasa. Une autre vérité est que, Kinshasa fait rêver. Sur TikTok, c’est les lumières, les belles maisons, les bars. Le village paraît mort à côté. En outre, la guerre Mobondo accélère tout. Depuis 2022, les violences au Kwango, Maï-Ndombe et Kwilu ont fait plus de 196.000 déplacés selon l’ONU.
« On ne part plus par rêve, on fuit pour survivre. », d’après Emmanuel, un jeune vendeur des papiers mouchoir.
Résultat à Kinshasa ?C’est un cauchemar. Pas de logement, pas de boulot. Ils finissent Wewa, vendeurs à la criée ou dans la rue. L’exode rural nourrit directement les Shégués et les Kuluna.
« En quittant mon village, mes parents et mes amis, j’avais beaucoup d’espoirs et de rêves. Je pensais trouver une vraie vie à Kinshasa, mais c’est le déboit. Aujourd’hui je soufre, je manque en manger »,confie Raphaël, à Barumbu.
Et au village ? Plus personne pour cultiver. Le Kwilu et l’Équateur qui pourraient nourrir le Congo sont abandonnés, pendant qu’on importe du riz.
La solution n’est pas d’interdire Kinshasa, mais de ramener la vie à Kikwit : électricité, internet, usines de transformation, formations pro, et financer l’agriculture comme un vrai business.
Sinon dans 10 ans, Kikwit sera une ville de vieillards, et Kinshasa une mégapole invivable de 25 millions d’habitants.
Charlotte MUKANGA
