Se déplacer à Kinshasa est devenu un véritable parcours du combattant. Chaque jour, des millions de Kinois se battent pour trouver un bus, et quand ils le trouvent, le prix les achève. Les chauffeurs fixent les tarifs selon leur humeur, sans aucune logique.Même trajet, mêmes heures, prix totalement différents. C’est le constat amer fait ce mardi 15 septembre 2026 par les reporters de CongoMarketNews.com sur plusieurs lignes stratégiques de la capitale.
De Matete à Victoire, de Kingasani à Zando, de l’UPN à Gambela, le scénario est le même : le prix varie de 2000 à 3000 FC en quelques minutes, sous prétexte d’embouteillages, de pluie ou de pénurie de carburant. » Nous sommes très fatigués de cette situation. Nous ne savons plus quoi faire.
Embouteillages ou pas, le transport reste en hausse. J’ai quitté ce matin Pont Matete pour aller en Ville, le transport coûte 3000 FC, à ma grande surprise, le même bus qui nous a transporté de Pont Matete en Ville, fixe le prix de transport de Ville à Pont Matete à 1000 FC. Nous ne comprenons plus rien. Il existe un désordre énorme au Congo. Le ministre des Transports doit revoir le fonctionnement des prix des transports à Kinshasa « , déplore un Kinois rencontré à l’arrêt de bus de Pont Matete.Ce désordre n’est pas nouveau, mais il s’est aggravé. Aucune grille tarifaire n’est respectée. Les receveurs crient » 2500, 3000 FC ! » le matin et » 4000 FC ! » le soir. Le tronçon est coupé en deux pour doubler le prix. Les étudiants, les fonctionnaires et les petits commerçants sont les premières victimes.
Face à ce business devenu juteux pour les chauffeurs et propriétaires de bus, le silence du ministère des Transports interroge. Où sont les agents de contrôle ? Où est l’Autorité de régulation ? Les Kinois attendent des mesures fortes : affichage officiel et respecté des prix, sanctions contre les récalcitrants et organisation des arrêts.
A Kinshasa, prendre un bus n’est plus un service public. C’est devenu un luxe.
Charlotte MUKANGA
