Double front sécuritaire : Incident meurtrier sur le fleuve Congo entre les deux Congo et offensive de l’armée à l’Est

La semaine sécuritaire a été agitée pour la RDC, de l’Ouest à l’Est. Un incident frontalier grave sur le fleuve Congo et la poursuite des opérations militaires en Ituri et au Nord-Kivu.

Le fleuve Congo, théâtre d’un incident meurtrier entre les deux Congo

Un incident armé impliquant des éléments des forces de la République démocratique du Congo et du Congo-Brazzaville s’est produit à la fin du mois d’août 2026 dans la zone de l’île Makoloko, à une quarantaine de kilomètres en amont de Makotimpoko, selon un compte rendu consulté par la presse. Selon les premières informations, une patrouille mixte composée de gendarmes et de marins affectés au poste de Makotimpoko a été confrontée à des éléments des FARDC qui se déplaçaient à bord de quatre embarcations.

Le compte rendu indique qu’un membre de la patrouille du Congo-Brazzaville aurait ouvert le feu, entraînant la mort d’un adolescent de 15 ans. Le bilan est lourd et confus. Deux militaires brazzavillois, un gendarme et un marin, auraient été capturés et conduits vers Yumbi. Trois autres militaires, dont deux gendarmes et un marin, sont portés disparus.

La voie diplomatique privilégiée

Face au risque d’escalade, les deux capitales ont immédiatement activé leurs mécanismes de coordination sécuritaire. L’incident a été évoqué lors de la 97e réunion du Conseil des ministres présidée le 28 août par le président Félix Tshisekedi. La ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner a qualifié l’incident de « regrettable », tout comme le ministère de la Défense. Une enquête a été ouverte pour connaître les circonstances exactes. Dans un geste d’apaisement très symbolique, le vice-Premier ministre chargé de la Défense, Guy Kabombo Muadiamvita, a lui-même accompagné les deux militaires brazzavillois capturés jusqu’au Beach Ngobila à Kinshasa, d’où ils ont embarqué pour regagner leur pays.

Il était accompagné du Chef d’Etat-Major Général des FARDC, le lieutenant-général Jules Banza Mwilambwe. Les autorités des deux pays insistent sur la solidité de la coopération militaire et la nécessité de préserver les relations de bon voisinage.

Dans l’Est, l’armée repasse à L’offensive

Pendant ce temps, l’armée a lancé de nouvelles opérations dans l’Est.En Ituri, à Mambasa : Les FARDC ont lancé des opérations militaires contre des groupes armés signalés dans plusieurs localités du territoire de Mambasa. Selon le communiqué de l’administrateur du territoire, les opérations se déroulent notamment dans les environs de Bango, Mayuwano et Some PK 26, où des groupes armés auraient érigé des barrières sur les axes menant vers des sites miniers.

L’administrateur, sur instruction du gouverneur militaire, interdit jusqu’à nouvel ordre la présence de groupes armés dans la province et appelle les éléments se réclamant des Wazalendo à quitter Mambasa et à se retirer vers le Nord-Kivu, afin de permettre aux FARDC, avec leurs partenaires de l’UPDF et de la MONUSCO, de poursuivre les opérations.

Ces opérations interviennent après une semaine sanglante attribuée aux ADF, avec au moins 43 civils tués et 53 maisons incendiées dans 15 localités entre le 27 août et le 1er septembre, selon l’APDEF. Au Nord-Kivu, Masisi et Walikale : Les combats se poursuivent pour la troisième journée consécutive entre les FARDC et les rebelles de l’AFC/M23 dans plusieurs villages des territoires de Masisi et Walikale.

Des affrontements sont signalés à Luola et sur la colline Tchad, dans le groupement Kisimba (Walikale), ainsi qu’à Malemo, dans le groupement Bashali Mokoto (Masisi). L’objectif de l’armée, appuyée par les Wazalendo, est de reprendre ces positions stratégiques passées sous le contrôle des rebelles.

Des renforts de l’AFC/M23 en provenance de Mweso ont été signalés, faisant craindre une intensification des combats.

Charlotte MUKANGA.

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