REDEVABILITÉ AN 1 : MARIE NYANGE NDAMBO DÉVOILE SA STRATÉGIE POUR MONÉTISER LES 230 000 MILLIARDS USD DES FORÊTS DE LA RDC

Après le ministre des Mines, c’était au tour de la Ministre de l’Environnement et Développement Durable, Marie Nyange Ndambo, de se prêter à l’exercice de redevabilité du Gouvernement Suminwa II. Face aux journalistes Oscar Mbal de la RTNC et Mamina Masengu de B-One TV, elle a présenté le bilan de sa première année, articulé autour de la vision du Chef de l’État : rénover les forêts tout en améliorant les conditions de vie des populations.

Réformes structurelles : vers un nouveau Code forestier

Sur le volet structurel, la patronne de l’Environnement affirme avoir finalisé deux chantiers majeurs hérités de ses prédécesseurs. « Nous avons pu finaliser la politique forestière et le Code forestier est en phase de finalisation. Nous pensons qu’à la session de septembre, ce Code arrivera au niveau du Parlement pour être voté », a-t-elle annoncé. Un cadre qui doit fixer les grandes orientations de la gouvernance forestière.Pour redorer l’image du pays, son ministère a organisé la première Semaine du Climat, qui a débouché sur une feuille de route présentée à Belém et saluée par les partenaires internationaux.

Marché carbone : 20% des bénéfices pour les communautés locales

Le cœur de la réforme est économique. Alors que la Banque mondiale évalue les forêts congolaises à 230 000 milliards de dollars, la ministre a engagé une stratégie de valorisation, de certification et de monétisation de ce capital vert. Cette stratégie repose sur deux piliers : le registre carbone souverain et les dispositifs MRV.« Nous avons travaillé sur la loi sur le marché carbone. Elle a déjà été validée parmi les matières d’habilitation du Gouvernement et nous sommes en phase de finalisation pour que le Président de la République puisse prendre l’ordonnance-loi », a-t-elle expliqué.Cette manne doit profiter aux populations. « Depuis que je suis là, je viens de valider cinq projets sur les paiements pour services environnementaux et quatre projets sur les services écosystémiques. Pour le marché carbone, 20 % des bénéfices sont réservés aux communautés locales. C’est une norme de l’Accord de Paris », a souligné Marie Nyange Ndambo.

Déchets plastiques et synergie avec les Mines

Sur la question des déchets plastiques, dégradant l’environnement, elle a évoqué la task force présidentielle. Douze projets de transformation des déchets plastiques en matières premières économiques ont déjà été signés, avec des résultats attendus d’ici fin 2026.Enfin, elle a insisté sur la collaboration permanente avec le ministère des Mines à travers des arrêtés interministériels.

« J’ai déjà approché le ministre des Mines pour que tous les acteurs miniers s’alignent et comprennent l’impact de la loi carbone sur leurs activités », a-t-elle conclu.

Joël Ekutshu

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