Face à la presse ce lundi 17 août au Studio Maman Angebi de la RTNC1, le ministre délégué près le ministre de la Défense nationale chargé des Anciens Combattants, Éliézer Charmant Ntambwe Mposhi, a présenté les avancées et les orientations stratégiques du gouvernement pour le rétablissement de la paix dans l’espace jadis endeuillé par la milice Mobondo. Au cœur des échanges : l’approche prônée par le chef de l’État, axée sur le dialogue, la sensibilisation et le désarmement, plutôt que sur la seule option militaire.
Pour le ministre délégué, la sortie de crise exige d’aller bien au-delà de la simple remise des armes. « Ce sont des gens qui se sont battus, qui ont commis des problèmes. Si l’État n’a pas les ressources nécessaires, cela risque de créer d’autres conflits », a-t-il averti, insistant sur l’urgence d’une réinsertion socio-économique structurée.
Alors que des villages entiers ont été détruits ou désertés, l’organisation du retour des populations déplacées et des anciens combattants doit être minutieusement encadrée pour prévenir toute nouvelle friction foncière ou immobilière. Dans cette optique, l’instauration de forums de dialogue communautaire s’impose comme un levier indispensable pour désamorcer les rancœurs et bâtir une réconciliation durable.
Sur le plan opérationnel, Éliézer Ntambwe a tenu à clarifier la mission de ses équipes. L’approche privilégiée par le Commandement suprême repose avant tout sur le triptyque « sensibilisation, désarmement et réinsertion », les forces armées se cantonnant à un rôle de sécurisation du processus.
Défendant l’idée selon laquelle « les armes ne résolvent rien », le ministre a rappelé que l’expérience des conflits à travers le monde montre que la solution finale se trouve toujours autour d’une table de négociation.
De nombreuses personnes encore terrées dans la brousse ne représentent plus une menace active mais hésitent à sortir par crainte des représailles ; le devoir de l’État est donc de les rassurer pour faciliter leur réintégration.
Rappelons que le ministre délégué a souligné que la fin des hostilités demeure le préalable absolu à tout effort de reconstruction. L’insécurité ayant longtemps paralysé l’action des partenaires humanitaires et bloqué la construction d’écoles, de routes ou d’hôpitaux, le retour progressif de la paix et la restauration de l’autorité de l’État apparaissent aujourd’hui comme la clé de voûte pour relancer le développement et offrir un avenir stable aux populations du Grand Bandundu, du Kongo Central et de la capitale.
CKK
