Un an après sa prise de fonctions, le Ministre des Ressources Hydrauliques et de l’Électricité, Aimé SAKOMBI, dresse un premier bilan. Entre chantiers concrets et réformes institutionnelles, le secteur de l’eau entre dans une nouvelle phase marquée par l’augmentation de la production et la volonté de mieux réguler le service public.
Kinshasa : +330 000 m³ par jour pour 6 millions d’habitants
Le plus grand chantier annoncé concerne la capitale. Le Ministre a vanté l’achèvement et la mise en service des modules 2 et 3 de l’usine de traitement d’eau à l’ozone. Objectif : porter la capacité totale de production à 330 000 m³ par jour et améliorer sensiblement l’approvisionnement en eau potable dans dix communes de Kinshasa, soit plus de six millions d’habitants concernés.
Dans le même élan, les procédures d’alimentation en eau ont également été engagées dans les villes de Kananga et Tshikapa. « La réussite d’une réforme se mesure finalement à un indicateur très simple : l’eau qui arrive effectivement au robinet », a souligné le ministre.
*Une Politique nationale adoptée pour mettre fin à la dispersion
Au-delà des infrastructures, le Gouvernement a posé des jalons institutionnels. Le 26 décembre 2025, il a adopté la Politique nationale du service public de l’eau.Pour Aimé SAKOMBI, il s’agit d’une étape décisive pour mettre fin à la dispersion des interventions et offrir aux opérateurs, aux provinces et aux partenaires un cadre commun de planification et d’investissement. « À ceux qui doutaient qu’il fût possible de rassembler autour d’une vision commune tant d’acteurs aux traditions différentes, cette avancée apporte une réponse concrète », a-t-il lâché.
L’ARSPE en gestation : un régulateur pour sécuriser les investissements
Autre avancée structurante : la mise en place de l’Autorité de Régulation du Service Public de l’Eau, ARSPE. Le processus est soutenu par le Projet AGREE de la Banque mondiale et le recrutement des dirigeants a déjà été engagé.L’objectif affiché est de doter le secteur d’un régulateur crédible et indépendant. « L’enjeu dépasse, de loin, la seule création d’une institution supplémentaire. Sans régulateur indépendant, transparent et crédible, aucun investissement d’envergure ne saurait s’inscrire durablement dans le secteur. L’ARSPE doit apporter la visibilité et la sécurité indispensables pour faire de l’eau un véritable secteur d’investissement.
Elle sera le garant impartial d’un service qui, par nature, ne souffre ni l’arbitraire, ni l’à-peu-près », a précisé le ministre.Avec ces réformes et ces nouveaux ouvrages, le Gouvernement entend accélérer l’extension de la desserte et faire de l’eau un levier de développement au service des populations.
Joël Ekutshu
