La République démocratique du Congo passe à l’offensive dans la sécurisation du secteur pétrolier aval. Sous la présidence de la ministre d’État aux Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, une réunion interministérielle de haut niveau a validé le lancement imminent d’un projet pilote destiné à éradiquer la contrebande de carburant, particulièrement virulente le long des corridors d’approvisionnement des zones Sud et Est du pays.
Pour enrayer l’évasion fiscale et le commerce illicite en provenance de la Tanzanie, de la Zambie, du Zimbabwe ou de l’Afrique du Sud, le gouvernement congolais s’appuie sur un tandem technologique inédit. D’un côté, l’intelligence logicielle SIGOIL, plateforme informatique souveraine développée en partenariat avec Swiss Authentis, permet au ministère des Hydrocarbures de centraliser et de maîtriser en temps réel l’ensemble des flux du secteur pétrolier. De l’autre, la société Intertek assure le contrôle et la sécurisation physique grâce à des scellés électroniques intelligents GPS et GSM posés sur les camions citernes dès le pays d’origine et aux points d’entrée frontaliers.
À l’issue de la séance de travail, le directeur général de Swiss Authentis, Guillaume Chaize, a souligné l’aboutissement de ce processus de préparation. Il a précisé qu’après un an d’investissement dans cette plateforme de gouvernance souveraine propriété de l’État, le système d’information SIGOIL est désormais totalement opérationnel et prêt à être activé dès le feu vert des autorités.
De son côté, le manager régional d’Intertek, Marcel Compaoré, a confirmé l’engagement de son entreprise pour le déploiement des scellés électroniques et des inspections physiques aux frontières comme sur le réseau local. Il a rappelé que la combinaison de la digitalisation, de la collecte d’informations et de l’analyse des données en temps réel permettra de suivre le parcours des produits jusqu’aux centres de dépotage et de traquer efficacement la fraude.
En recoupant instantanément la position géographique des convois et la conformité des déclarations, l’État congolais se dote ainsi d’un dispositif anticontrebande inédit visant à maximiser les recettes fiscales. Cette phase pilote permettra de consolider le système avant son extension progressive à l’ensemble du territoire national.
C. K. L.
