​Urgence en RDC : L’ONU alerte sur une crise record mêlant guerre, Ebola et pillage minier

​Devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, la Haute-Commissaire adjointe Awa Dabo a dressé un constat alarmant sur la situation en République démocratique du Congo. Le pays s’enfonce dans une convergence inédite de crises : une épidémie d’Ebola dévastatrice, une escalade militaire dramatique dans l’Est et une exploitation prédatrice des ressources naturelles. Face à l’urgence humanitaire, l’ONU appelle la communauté internationale et les autorités à agir sans délai.

​À l’ouverture de la 63ᵉ session du Conseil des droits de l’homme à Genève, le ton de la déclaration onusienne est resté particulièrement grave. Awa Dabo a ouvert son intervention en rendant un hommage solennel au président de la Haute Cour militaire, Joseph Mutombo Katalayi, et à l’auditeur général des FARDC, Lucien-René Likulia, tous deux mortellement touchés dans un crash d’hélicoptère le 25 septembre dernier alors qu’ils incarnaient le cœur de la lutte contre l’impunité et les violences sexuelles.

​Sur le plan sanitaire, l’épidémie du virus Ebola, la plus meurtrière jamais enregistrée dans l’histoire de la RDC, ravage les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, avec un bilan dépassant déjà les 8 000 cas confirmés et plus de 3 900 décès. Cette crise s’aggrave sous la pression de la désinformation et des attaques ciblées contre le personnel soignant, illustrées tragiquement par l’assassinat récent d’un homme politique local à la suite d’une émission de sensibilisation radio.

​Sur le front sécuritaire, le Bureau des droits de l’homme a documenté environ 4 400 violations touchant près de 9 500 victimes entre janvier et septembre 2026. Les violences sexuelles liées aux conflits demeurent un fléau quotidien avec plus de trois victimes recensées par jour, attribuées à 74 % aux groupes armés. Malgré ce sombre bilan, des audiences mobiles financées par l’ONU ont tout de même permis la condamnation de 161 militaires et 30 membres de milices.

​Sur le terrain militaire, le regain des combats entre le M23 (soutenu par le Rwanda) et les FARDC (épaulées par les Wazalendo) fait peser une lourde menace sur les plus de 6,1 millions de personnes déplacées. L’ONU a renouvelé son exigence de voir le Rwanda retirer immédiatement ses troupes du sol congolais et cesser tout soutien aux rebelles, tout en invitant Kinshasa à protéger l’espace civique en vue du futur dialogue national.

​Signalons que, pour l’ONU, la résolution du conflit passe obligatoirement par la fin du paradoxe entre la richesse minérale du pays et la misère de ses habitants : le Haut-Commissariat préconise désormais de rendre obligatoires les évaluations d’impact sur les droits humains pour tout projet extractif afin d’empêcher que le pillage des ressources naturelles ne continue d’alimenter la guerre

C. K. L.

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