La nomination de Ted Beleshayi à la tête de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) marque un tournant stratégique. En choisissant un profil forgé dans l’audit, le contrôle et la gouvernance financière, le président Félix Tshisekedi envoie un signal clair : la régulation économique doit désormais reposer sur la rigueur technique plutôt que sur des considérations politiques.
Un parcours bâti sur le contrôle
Ancien cadre du cabinet international KPMG RDC, Beleshayi a passé près d’une décennie à auditer les états financiers d’entreprises opérant dans des secteurs sensibles tels que les mines, les télécommunications et l’énergie. Cette expérience lui a permis de maîtriser les mécanismes de gouvernance et de détecter les failles de contrôle interne.
Son passage à l’Inspection générale des finances lui a offert une vision complémentaire : comprendre les contraintes administratives de l’État tout en gardant un regard critique sur la gestion publique. Une double compétence rare et précieuse pour une institution chargée de surveiller la conformité des pratiques de sous-traitance.
Des compétences adaptées aux défis de l’ARSP
L’un des enjeux majeurs de l’ARSP est de déjouer les montages qui contournent l’esprit de la loi sur la sous-traitance. Derrière certaines sociétés prétendument congolaises se cachent parfois des structures opaques qui limitent les retombées économiques pour les opérateurs nationaux.
Le profil d’auditeur de Beleshayi, rompu à l’analyse documentaire et à la traçabilité financière, constitue un atout majeur.
Ses travaux sur la reconstitution de la comptabilité d’Orange RDC ou l’analyse des processus de facturation de la SNCC illustrent sa capacité à comprendre des systèmes complexes et à proposer des mécanismes correctifs.
Son expertise auprès d’organisations internationales comme le HCR, le PNUD ou la Banque mondiale lui a également inculqué une culture de la redevabilité et des standards élevés en matière de gouvernance.
Une régulation au service du contenu local
La sous-traitance représente plusieurs milliards de dollars de marchés en RDC.
Son encadrement conditionne l’accès des entreprises locales aux richesses générées par les grandes sociétés.
En diversifiant les opportunités au-delà du secteur minier vers les infrastructures, les services et les télécommunications, l’ARSP peut devenir un levier puissant de création d’emplois et de croissance nationale.
Avec son expérience en modélisation financière de grands projets d’infrastructures, notamment en collaboration avec KPMG Paris Corporate Finance, Beleshayi dispose des outils nécessaires pour intégrer les entreprises congolaises dans les chaînes de valeur nationales.
Ce que cela signifie pour les citoyens
La nomination de Ted Beleshayi traduit une volonté politique de renforcer la transparence et l’efficacité dans un secteur stratégique.
Une régulation plus rigoureuse de la sous-traitance peut :
- Favoriser l’accès des entreprises congolaises aux marchés dominés par les grands opérateurs. Créer des emplois et stimuler l’économie nationale.
- Améliorer la transparence dans l’attribution des contrats.
- Accroître la participation des Congolais à la richesse produite sur leur propre territoire.
Signalons que le choix de Ted Beleshayi incarne une conviction : pour contrôler des marchés stratégiques, l’expertise technique est la meilleure garantie d’efficacité.
Rédaction
