La réalité quotidienne des réfugiés congolais installés en Tanzanie met en lumière une crise humanitaire profonde, marquée par la vulnérabilité extrême des femmes et des enfants. Lors du passage récent d’une délégation officielle de la RDC, conduite par la ministre d’État Ève Bazaiba, les services de santé des camps ont enregistré 28 naissances en l’espace d’une seule journée. Un chiffre qui traduit non seulement la vitalité d’une population jeune, mais surtout l’insuffisance criante des structures médicales face à une démographie en constante progression.
La ministre a donné ces chiffres,ce samedi 17 janvier lors du breefing, Sur les quelque 87 000 Congolais vivant actuellement dans les camps tanzaniens, plus de la moitié sont des mineurs. Beaucoup d’entre eux évoluent sans accès régulier à l’école ni à des soins adaptés, dans un environnement où la promiscuité et la précarité dominent. Les autorités congolaises rappellent que ces familles ont été contraintes à l’exil pour échapper aux violences persistantes dans l’Est de la République démocratique du Congo, et non par choix économique ou migratoire.
Alors que l’aide internationale se raréfie et que plusieurs acteurs humanitaires réduisent leur présence sur le terrain, Kinshasa a décidé d’intervenir directement pour soutenir ses ressortissants. Cette initiative exceptionnelle vise en priorité la prise en charge des mères et des nouveau-nés, mais aussi le maintien d’un minimum de dignité pour des milliers de personnes déplacées. À travers ce geste, la RDC lance également un appel pressant à la communauté internationale, soulignant que la gestion de cette crise dépasse largement les capacités des pays d’accueil et ne peut être ignorée plus longtemps.
CK
