Saint-Valentin : fête de l’amour ou célébration aux origines controversées ?

Chaque 14 février, des millions de couples célèbrent la Saint-Valentin à travers le monde. Mais derrière les roses rouges, les dîners romantiques et les messages d’amour, certains dénoncent une fête aux origines controversées, voire  » païennes « ou  » sataniques « . Retour sur les racines historiques de cette célébration et sur les critiques croissantes qu’elle suscite, notamment en Afrique et en République démocratique du Congo.

Des origines anciennes et païennes

Bien avant d’être associée à l’amour romantique, la date du 14 février est liée aux Lupercales, une fête romaine célébrée à la mi-février. Cette cérémonie païenne était dédiée à la fertilité et marquée par des rites que certains historiens décrivent comme contraires aux valeurs morales chrétiennes.
Au IIIᵉ siècle, l’Église associe cette date à Valentin de Rome, un prêtre exécuté sous le règne de Claude II le Gothique. Selon la tradition, il aurait célébré des mariages chrétiens en secret. Toutefois, plusieurs chercheurs estiment que le lien entre ce martyr et la fête des amoureux s’est construit progressivement au Moyen Âge, notamment en Europe.

Pour certains milieux religieux conservateurs, le fait que cette fête trouve une partie de ses racines dans des pratiques païennes suffit à remettre en cause son caractère chrétien.

Une fête en pleine expansion en Afrique et en RDC

Longtemps perçue comme une célébration occidentale, la Saint-Valentin connaît aujourd’hui un engouement grandissant en Afrique. En République démocratique du Congo, les centres urbains comme Kinshasa voient chaque année une forte mobilisation autour du 14 février : restaurants bondés, ventes accrues de fleurs et de cadeaux, soirées spéciales dans les hôtels et espaces de divertissement.
Les réseaux sociaux amplifient également le phénomène, surtout auprès des jeunes. La fête est devenue un véritable événement commercial et social.

Des voix religieuses s’élèvent contre la célébration

Face à cette popularité croissante, plusieurs responsables religieux expriment leur opposition. Parmi eux, le prophète Jules Mulindwa, représentant légal de l’Église pentecôtiste Lumière du Monde, communément appelée  » Cité de Refuge ou Mboka ya Ekimelo ».
Dans ses prédications, il affirme que la Saint-Valentin n’est pas une fête chrétienne, mais une célébration aux racines païennes qu’il qualifie de  » sataniques « . Selon lui, le 14 février serait associé à des comportements contraires aux enseignements bibliques : relations sexuelles hors mariage, perte de virginité, débauche, ivresse et autres excès.

D’autres hommes de Dieu partagent cette position, appelant les fidèles à la vigilance spirituelle et à ne pas se conformer à ce qu’ils considèrent comme des pratiques mondaines éloignées de la foi chrétienne.

Entre tradition culturelle et débat moral

La Saint-Valentin divise ainsi l’opinion :
pour les uns, elle reste une simple occasion d’exprimer l’amour et l’affection ; pour les autres, elle constitue une fête importée, détachée des valeurs chrétiennes et porteuse de dérives morales.

Le débat demeure ouvert, notamment en RDC, où la question des influences culturelles extérieures et de la préservation des valeurs religieuses occupe une place importante dans l’espace public.

Au-delà des polémiques, une interrogation persiste : la Saint-Valentin est-elle une innocente célébration de l’amour ou une tradition dont les origines et les conséquences méritent réflexion ?

Joël Ekutshu

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