À New York, le Conseil de sécurité des Nations unies a acté la prolongation d’un an du mandat de la MONUSCO vendredi 18 décembre, confirmant ainsi la poursuite de l’engagement onusien en République démocratique du Congo. Adoptée à l’unanimité, cette décision traduit la préoccupation persistante de la communauté internationale face à l’instabilité chronique qui touche l’Est du pays, en particulier les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Derrière ce renouvellement, l’ONU affiche la volonté d’adapter sa mission à une dynamique régionale complexe. Défendue par la France, la résolution insiste sur un rôle davantage orienté vers l’appui politique et diplomatique, plutôt que sur une présence strictement militaire. L’objectif affiché est de renforcer les efforts conjoints avec les acteurs africains et internationaux afin de soutenir les processus de paix et de réduire les tensions armées.
Le nouveau cadre d’intervention met aussi l’accent sur l’accompagnement des initiatives de désescalade. La Monusco est appelée à jouer un rôle plus ciblé dans la surveillance du cessez-le-feu et dans l’appui aux mécanismes de stabilisation, en coordination avec les autorités congolaises et les partenaires régionaux. Cette approche graduelle vise à créer les conditions d’un retour progressif à une sécurité durable.
Toutefois, cette prorogation s’inscrit dans un climat de scepticisme au sein de l’opinion congolaise. Depuis 2023, la mission a déjà quitté plusieurs zones à la demande du gouvernement, illustrant une volonté de reprendre le contrôle sécuritaire national. Après près de vingt ans de présence, la Monusco se trouve désormais à la croisée des chemins, contrainte de redéfinir son utilité et sa légitimité dans un pays en quête de solutions durables à ses crises sécuritaires.
. CK
