Le débat autour d’un éventuel dialogue inclusif en République démocratique du Congo continue de susciter de vives divergences au sein de la classe politique. Le député national Steve Mbikayi s’est montré catégoriquement opposé à cette option, estimant qu’elle risquerait de fragiliser les institutions du pays plutôt que de ramener la paix. Dans une prise de position publiée ce jeudi 15 janvier sur son compte X, l’élu de l’Union sacrée de la Nation met en garde contre ce qu’il considère comme une dérive politique dangereuse.
Pour Steve Mbikayi, un dialogue politique ne saurait être envisagé tant que les institutions issues des élections restent en place et légitimes. « Que vaudrait un dialogue organisé alors que les mandats du Président de la République et des députés courent encore ? », s’interroge-t-il, avant d’ajouter que « sans validation parlementaire et promulgation présidentielle, ses résolutions n’auraient aucune légitimité ». Selon lui, engager un tel processus créerait un précédent néfaste et porterait atteinte à l’État de droit.
L’élu estime par ailleurs que la crise sécuritaire actuelle ne peut être résolue par un dialogue entre Congolais, qu’il juge inadapté face à ce qu’il qualifie d’agression extérieure. « La guerre nous est faite par le Rwanda. C’est un secret de polichinelle », affirme-t-il, doutant de l’efficacité d’un dialogue interne alors que « l’agresseur revendique nos territoires ». Steve Mbikayi rappelle que les précédents processus de dialogue, notamment ceux de Sun City et de la CENCO, n’ont pas permis d’éradiquer durablement les groupes armés à l’Est du pays.
En guise d’alternative, le député plaide pour une solution essentiellement militaire, à l’image de celle menée en 2013 contre le M23. Il appelle à renforcer le mandat de la brigade d’intervention de la Monusco afin de soutenir les FARDC. Pour lui, « dialoguer avec le M23 aboutira à l’intégration des rwandais dans nos institutions », une option qu’il juge porteuse d’un cycle sans fin de rébellions. « Ça sera un éternel recommencement… Nous devons nous battre pour une solution durable une fois pour toutes », conclut-il.
