Le porte parole du gouvernement congolais Patrick Muyaya a appelé à un changement profond de regard sur le conflit qui ravage l’Est de la République démocratique du Congo depuis des décennies,lors d’un dialogue intergénérationnel tenu mardi au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa ce mardi 13 janvier. Devant les jeunes réunis autour du processus diplomatique de Washington et de Doha, Patrick Muyaya a rejeté toute lecture politicienne de la crise, estimant qu’elle dépasse largement les clivages de régime ou de leadership pour toucher au cœur même de la nation congolaise.« La guerre à l’Est n’est pas celle d’un homme, c’est celle d’une nation meurtrie », a-t-il déclaré.
Il a rappelé l’ampleur humaine de cette tragédie, évoquant près de dix millions de vies perdues au fil des années. Pour lui, réduire cette guerre à une querelle liée au président Félix Tshisekedi constitue une grave erreur d’analyse. Il a insisté sur le fait que les militaires engagés sur le front sont avant tout des Congolais, issus des mêmes familles et communautés que le reste de la population, et que leur combat n’est pas partisan mais national.
Patrick Muyaya a également souligné le poids économique de la guerre sur les finances publiques. Les moyens déployés pour la défense du territoire, a-t-il expliqué, sont issus du budget de l’État et auraient pu être orientés vers des secteurs sociaux prioritaires tels que l’éducation, la santé ou le développement local. Cette réalité, selon lui, illustre l’urgence de mettre un terme à un conflit qui freine durablement les ambitions de progrès du pays.
Sur le plan diplomatique, le ministre a mis en avant les discussions engagées à Doha comme une étape clé dans la recherche d’une sortie de crise. Un accord-cadre y a été conclu pour baliser les principes d’une solution durable, autour de huit axes majeurs dont deux ont déjà trouvé une issue. Patrick Muyaya a conclu en appelant la jeunesse et l’ensemble des citoyens à s’approprier cette démarche, affirmant que la paix ne pourra être obtenue que par un engagement collectif au service de l’intérêt supérieur du peuple congolais.
CK
