Kinshasa rejette le silence imposé

La journée annoncée comme « ville morte » s’est transformée en un désaveu cinglant pour l’opposition congolaise. À l’aube, dès 6h00, les véhicules de transport en commun sillonnaient déjà les artères de Kinshasa.

Fonctionnaires, commerçants, enseignants, élèves, étudiants et journaliers se pressaient aux arrêts, déterminés à rejoindre leurs activités. La capitale a vécu, vibré, circulé.
Loin de l’image d’une cité paralysée, Kinshasa a montré son refus de céder à l’intimidation.

Les menaces de caillasser les véhicules privés ou de contraindre les commerçants à fermer n’ont pas suffi. Les images diffusées, prises à des heures creuses, n’ont convaincu personne.

Les Kinoises et Kinois, tout comme les habitants de l’Équateur et de Lubumbashi, ont rejeté l’appel de l’opposition. Ils l’ont jugée déconnectée, incapable de mobiliser, et surtout prisonnière de ses contradictions.
Ce constat est brutal : l’opposition politique en République démocratique du Congo peine à exister. Elle apparaît fragmentée, sans leadership, parfois perçue comme instrumentalisée par des forces extérieures.

Une opposition qui n’arrive pas à se choisir un représentant crédible, alors même que la Constitution lui en donne la possibilité, se condamne à l’inefficacité. Confondre frustration et projet de société, c’est se priver de toute légitimité.

Face à cette incapacité, le pouvoir en place sort renforcé. La tentative de « ville morte » s’est muée en leçon historique : on ne décrète pas le silence d’une nation qui veut vivre, travailler et avancer.

Kinshasa a refusé l’enterrement civique que certains voulaient lui imposer. L’opposition, elle, s’est enterrée toute seule.

Muela Manyi Onction

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