José Mpanda aux Télécoms en RDC : Beaucoup de bruit sur les ondes, toujours rien sur le terrain

Le secteur des Postes et Télécommunications vit aujourd’hui au rythme des turbulences politiques, des règlements de comptes par médias interposés et des tensions administratives, remettant au premier plan la gestion controversée de son ministre de tutelle.

Du passage de la Recherche scientifique à l’Agriculture, et jusqu’à son installation aux Télécoms, le constat d’une partie de l’opinion publique congolaise demeure identique : partout où José Mpanda passe, les crises structurelles s’effacent derrière une accumulation de polémiques.

L’un des épisodes les plus révélateurs de ce climat concerne la situation au sein de l’Organisation Régionale Africaine de Communications par Satellite (RASCOM). Dans cet établissement stratégique, plusieurs agents et cadres ont ouvertement dénoncé des vagues de remplacements et de révocations subites, orchestrées selon eux au profit de militants et de proches du parti politique du ministre, Congo Espoir.

Ces méthodes ont suscité une vive fronde sociale, matérialisée par le dépôt de mémorandums et l’organisation de manifestations de protestation. L’ironie de la situation n’échappe à personne : alors que le président de la République place la création et la préservation de l’emploi au cœur de ses priorités nationales, le ministère contribue directement à précariser des agents de carrière et à jeter des pères et mères de famille au chômage.

Au-delà de cette gestion sociale contestée, c’est l’absence de bilan technique et de vision stratégique qui suscite l’exaspération. Au lieu d’amorcer les réformes de fond indispensables à la modernisation des réseaux et du secteur postal, José Mpanda semble privilégier la confrontation politique et la guerre de communication.

Des accusations précises font état d’une offensive médiatique orchestrée à l’encontre des institutions de régulation du secteur, en premier lieu l’Autorité de Régulation des Postes et des Télécommunications du Congo (ARPTC).
Dans cette stratégie d’usure, Delphin Kaisongo, présenté comme un relais politique et numérique influent du ministre, se retrouverait au cœur de la manœuvre.

L’offensive irait jusqu’à solliciter et instrumentaliser certains communicateurs issus des rangs de l’opposition pour vilipender les responsables de l’ARPTC et paralyser l’action du régulateur.

Une dérive inquiétante qui soulève une question fondamentale : un cabinet ministériel a-t-il vocation à orchestrer des opérations de déstabilisation médiatique contre les institutions de son propre secteur ?

À ce rythme, les citoyens sont en droit de se demander si le ministère des Télécommunications est encore un espace de travail orienté vers l’intérêt général ou s’il a été transformé en terrain de manœuvres et de règlements de comptes partisans. Face à la dégradation du climat institutionnel, José Mpanda ne pourra pas éternellement se dérober à une interrogation centrale : qu’a-t-il réellement produit de concret et de mesurable pour les Postes et Télécommunications de la RDC ?

Un secteur d’une telle importance stratégique pour l’économie nationale exige un pilotage rigoureux, une maîtrise technique irréprochable et des résultats tangibles, et non un spectacle permanent d’affrontements, de népotisme et de campagnes d’influence.

C. K. L.

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