Au-delà des affrontements signalés dans l’espace Grand Bandundu, les Forces armées de la République démocratique du Congo tirent la sonnette d’alarme face à ce qu’elles qualifient désormais de menace terroriste. À travers le capitaine Anthony Mualushayi, porte-parole et responsable de la communication de la 11ᵉ Région militaire, l’armée congolaise estime que les agissements du mouvement Mobondo dépassent le cadre de simples violences communautaires.
Selon l’officier militaire, cette qualification repose sur la gravité des exactions attribuées à ce groupe armé dans plusieurs localités, notamment dans les Plateaux de Bateke et la commune de Maluku. Le porte-parole des opérations Ngemba évoque des atteintes graves aux populations civiles et la destruction systématique de villages, des faits qui, d’après l’armée, s’inscrivent dans une logique de terreur visant à semer la peur et l’instabilité.
Tout en rappelant que la RDC est un État démocratique, le capitaine Anthony Mualushayi insiste sur le respect strict des lois de la République. Il prévient : « On ne trompe pas la République chaque jour. Nous savons très bien », soulignant que les services spécialisés sont déjà à pied d’œuvre pour documenter les faits. Des rapports ont été transmis à la hiérarchie militaire et d’autres sont annoncés, dans le but d’alerter tant l’armée que les autorités politiques sur la nature réelle de la menace.
L’armée va plus loin en affirmant enquêter sur d’éventuelles connexions entre le mouvement Mobondo et d’autres groupes rebelles actifs dans le pays, notamment dans l’Est de la RDC. Selon les informations recueillies par les services de renseignement, ces liens pourraient s’inscrire dans une tentative plus large de déstabilisation des institutions. Anthony Mualushayi met également en garde contre un double discours de certains acteurs, déclarant que « dans la journée, ils sont comme des agneaux. Et la nuit ce sont eux qui commandent le Mobondo », appelant ainsi à la vigilance des décideurs politiques et de l’opinion publique.
CK
