Pour le président Félix Tshisekedi, la reconnaissance officielle par le Rwanda de sa coordination avec l’AFC/M23 marque un basculement politique et diplomatique majeur. Cet aveu, estime-t-il, met fin aux ambiguïtés, établit clairement les responsabilités et impose à la communauté internationale de passer des discours aux actes, notamment en appliquant les résolutions des Nations Unies.
C’est à la tribune de la cérémonie d’échange de vœux avec les ambassadeurs accrédités en RDC, au Palais de la Nation, que le Chef de l’État congolais a abordé cette déclaration qui secoue la scène diplomatique régionale. Félix Tshisekedi est revenu sur les propos tenus devant le Congrès américain par l’ambassadrice rwandaise aux États-Unis, Mathilde Mukantabana, reconnaissant une coordination entre Kigali et le mouvement rebelle AFC/M23 actif dans l’Est de la RDC. Une sortie publique que Kinshasa considère comme une confirmation éclatante de ses dénonciations répétées.
Il a tenu à rappeler la constance de la position congolaise face à la crise sécuritaire. « Depuis des années, nous dénonçons, preuves à l’appui, le soutien extérieur dont bénéficie la violence armée sur notre sol », a-t-il déclaré, soulignant que cette reconnaissance « n’est pas un détail de communication, encore moins une stratégie politique ».
Pour Félix Tshisekedi, elle « éclaire, d’une lumière crue » une réalité déjà documentée par de nombreux rapports internationaux, à savoir l’existence d’un appui déterminant à un mouvement armé opérant sur le territoire souverain de la RDC.
Dans un ton ferme, le Chef de l’État a insisté sur la portée internationale de cet aveu. « Cet aveu constitue un tournant majeur : il réduit l’espace du déni, clarifie les responsabilités et oblige chacun à passer des exhortations aux mécanismes d’exécution », a-t-il affirmé, évoquant explicitement le droit international et les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.
Tout en prenant acte des justifications avancées par Kigali, Félix Tshisekedi a posé une limite sans équivoque : « Aucune cause, aucun récit, aucune justification sécuritaire ne peut légitimer l’occupation de fait, les administrations parallèles, les déplacements forcés, ni la prédation des ressources », au détriment d’un État membre des Nations Unies.
CK
