Est de la RDC : l’ONU dénonce l’AFC/M23 et son projet d’État parallèle

Le Groupe d’experts sur la RDC a adressé au Conseil de sécurité des Nations unies, le 30 décembre 2025, une lettre alarmante sur les agissements de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23) dans l’Est du pays. Selon le document, le groupe armé « s’engage désormais dans un projet structuré d’occupation durable et de gouvernance parallèle », dépassant largement le cadre militaire pour tenter de créer une autorité alternative à celle de l’État congolais.

Depuis avril 2025, l’AFC/M23 aurait intensifié ses opérations pour renforcer son contrôle sur plusieurs territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Le rapport évoque « une multiplication des campagnes de recrutement », un entraînement militaire renforcé et un « redéploiement coordonné des troupes », soutenu par une coopération avec certains éléments des Forces de défense et de sécurité. Cette dynamique aurait permis au mouvement d’accroître son influence et de consolider sa présence dans la région.

Au-delà de la sphère militaire, le groupe tente de reproduire les structures de l’État, en installant des organes administratifs, judiciaires et sécuritaires dans les zones qu’il contrôle. Le rapport note que l’AFC/M23 vise à « gouverner durablement les zones occupées », avec la perspective de créer une entité autonome. La lettre pointe également la mise en place de la « Police révolutionnaire congolaise », responsable d’arrestations arbitraires et de recrutements forcés, accentuant la terreur parmi les populations locales.

Le Groupe d’experts conclut que cette stratégie viole « les engagements en faveur de la paix » et appelle à une « réponse internationale » immédiate pour freiner la transformation de ce mouvement rebelle en véritable État parallèle. L’ONU tire ainsi la sonnette d’alarme face à une ambition qui menace directement l’intégrité territoriale de la RDC et la sécurité de ses citoyens.

CK

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