Le gouvernement congolais a exprimé sa vive opposition à la présence militaire rwandaise dans l’est du pays. Selon Kinshasa, ces actions s’inscrivent dans la « poursuite de l’occupation illégale de son territoire par les forces rwandaises, accompagnée d’une extension délibérée et continue des zones occupées dans l’est du pays, notamment dans la ville d’Uvira et ses environs, avec une progression caractérisée vers le sud ». L’exécutif met en garde contre « l’arrivée de trois nouveaux bataillons rwandais positionnés dans les hauts plateaux d’Uvira, de Fizi et de Mwenga, sous couvert du groupe Twirwaneho afin de masquer leur identité réelle et leurs responsabilités », dénonçant une « manœuvre planifiée visant une descente vers Fizi, puis une avancée sur l’axe stratégique Kalemie, dans la province du Tanganyika ».
Kinshasa qualifie ces mouvements de « agression manifeste contre la souveraineté nationale, une violation grave et répétée du droit international, ainsi qu’un mépris assumé des engagements régionaux et internationaux ». Selon le gouvernement, cette situation a déjà des conséquences dramatiques pour la population civile. « En plus de 500.000 déplacés, le bilan provisoire des victimes civiles des opérations rwandaises, ayant mêlé bombes et drones kamikazes sur l’axe Kamanyola – Uvira depuis le début du mois de décembre, s’élève à plus de 1.500 morts », précise le communiqué.
Les autorités congolaises rappellent également que « toute irrégularité commise par un individu est traitée comme une responsabilité personnelle ». Concernant le Général Sylvain Ekenga, « ils ont fait l’objet de mesures immédiates, incluant sa suspension et l’ouverture d’une procédure disciplinaire, conformément aux principes et lois de la République ». Le communiqué met aussi en lumière les atteintes aux droits humains, dénonçant « le silence et l’insuffisance de réactions fermes et contraignantes face aux contraintes, menaces et pressions exercées sur les populations civiles, forcées de participer à des simulacres de marches organisées et encadrées par les forces d’occupation, ainsi qu’aux disparitions des journalistes et enlèvements de nombreux acteurs de la société civile ».
Face à cette situation, Kinshasa appelle à une action internationale urgente et exige « le retrait immédiat, effectif, vérifiable et sans condition des troupes rwandaises d’Uvira et de l’ensemble des territoires congolais occupés, conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, à l’Accord de paix de Washington ainsi que la cessation immédiate de toutes les opérations contre les populations civiles ».
CK
