Ebola : à Kisangani, deux malades testés positifs se sont échappés du centre de traitement et ont regagné leurs demeures à Mangobo

La situation d’Ebola devient de plus en plus incontrôlable. Kisangani est déjà touchée! Qu’est faire pour limiter sa propagation ?

Deux patients confirmés positifs d’Ebola à Kisangani. Ils se sont évadés du Centre de Traitement Ebola (CTE) de Kisangani. Et ils sont où maintenant ? Chez eux, à domicile, dans la zone de santé de Mangobo en plein quartier avec leurs familles, et leurs voisins. C’est le rapport officiel SitRep n°138 de l’INSP, publié le 30 septembre, qui le révèle noir sur blanc. Le document ne dit même pas quand ils se sont échappés, ni comment, ni ce que les autorités ont fait pour les ramener. Silence radio.

Mangobo: l’épicentre qui s’embrase

Ce n’est pas un hasard. Mangobo, c’est déjà ! 45 cas confirmés et 16 morts dans toute la Tshopo, 6 cas et 3 morts rien qu’à Mangobo
Un suivi des contacts à seulement 83,7% au lieu des 95% exigés. Une (1) personne sur 5 qui a touché un malade n’est pas suivie. Elle circule librement à Kisangani. Et le SitRep ajoute une bombe : « multiplication des cas confirmés et suspects autour d’un établissement de santé de Kisangani ». Les autorités proposent déjà de fermer provisoirement cette structure privée pour éviter que ça explose.

Kisangani : un seul malade peut contaminer 30 personnes

Une interpellation des chiffres qui font froid dans le dos, révélés par les médecins sur le terrain : un seul cas confirmé non isolé peut contaminer jusqu’à 30 personnes. Le taux de létalité atteint 67% dans la zone. Les soignants sont déjà à genoux. Le Dr Victor Kingombe est mort le 24 septembre. 13 soignants contaminés. Les vaccins ERVEBO sont en rupture totale : stock épuisé à 42,3% de la cible. À Mangobo, seulement 23,4% des soignants ciblés ont été vaccinés. Pendant ce temps, deux patients Ebola se baladent à domicile. Sans isolement. Sans contrôle.

Le 29 septembre, zéro nouveau cas a été enregistré. Un faux calme. Car si ces deux fugitifs ne sont pas remis en isolement immédiatement, Kisangani va revivre 2018. La question est simple : qui va aller chercher ces deux malades à Mangobo avant qu’ils ne contaminent tout un quartier ?

Charlotte MUKANGA

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