Le président de la plateforme des confessions religieuses en République démocratique du Congo, le pasteur Évariste Ejiba Yamapia, s’est exprimé sur les antennes de la radio Top Congo FM pour défendre la tenue du dialogue national convoqué par le chef de l’État, Félix Tshisekedi, tout en recadrant les exigences de l’opposition autour de la notion d’inclusivité. Face aux critiques exigeant une participation sans condition de toutes les forces politiques et sociales, le leader religieux a tenu à apporter un éclairage sur la portée de ce rassemblement destiné à préserver l’intégrité du territoire et rétablir la cohésion nationale.
Réagissant à la polémique ambiante, le représentant des confessions religieuses a tenu à préciser la posture des pères spirituels face aux contestations politiques : « Ne traitons pas la question du dialogue sur la base d’un tel s’il est là, tel s’il n’est pas là, mais nationalisons le dialogue, qui veut dire parlons du Congo. »
Au cours de cet entretien accordé au journaliste Thierry Kambundi, l’intervenant a fermement soutenu la légitimité institutionnelle du président de la République en tant que garant du bon fonctionnement de l’État pour initier et organiser ces assises.
Selon ses propos, les opposants ont le droit de s’exprimer dans un cadre démocratique, mais imposer des préalables stricts avant même le début des travaux s’apparente à vouloir une chose et son contraire. Il s’est interrogé sur la pertinence de multiplier les blocages alors que la majorité des acteurs sociaux et politiques réclamaient une concertation nationale pour mettre fin aux conflits armés qui ravagent la partie orientale du pays depuis trois décennies.
Abordant le concept très débattu de l’inclusivité, le responsable religieux a souligné que cette notion demeure perçue de manière divergente selon les aspirations de chaque composante sociale. Il a illustré son argumentaire en évoquant les attentes complexes des personnes vivant avec un handicap, des mouvements de jeunes ou des acteurs politiques.
Concernant la présence éventuelle des groupes armés à la table des négociations, il a appuyé la ligne de fermeté affichée par le pouvoir central en rappelant qu’il est inacceptable d’agresser son propre pays puis de poser des conditions de participation sans une repentance préalable et le dépôt des armes.
En parallèle du processus politique formel conduit par le cabinet présidentiel et le comité préparatoire, la plateforme religieuse entend jouer son rôle de boussole spirituelle à travers le lancement d’une initiative dénommée la Chaîne nationale de prière.
Cette démarche regroupe plusieurs confessions religieuses représentatives du paysage national, notamment l’Église du Christ au Congo, l’Église catholique, la communauté kimbanguiste, la communauté musulmane, l’Église orthodoxe et l’Armée du Salut. Ce dialogue spirituel de vingt-six jours vise à mobiliser la foi des citoyens sur l’ensemble du territoire pour contrer l’instabilité et accompagner les efforts de paix.
L’innovation majeure de ce rassemblement spirituel réside dans sa méthodologie d’action collective et son ancrage territorial décentralisé. Contrairement aux prières ponctuelles organisées historiquement dans la capitale, le programme consacre une journée entière à chacune des vingt-six provinces de la République démocratique du Congo.
Les offices sont conduits simultanément à travers le réseau national d’églises en intégrant l’usage des dialectes locaux majeurs pour chaque région, matérialisant ainsi une appropriation populaire et spirituelle des enjeux de la nation.
Le représentant religieux conclut en réaffirmant que la résolution de la crise sécuritaire et de l’agression étrangère nécessite une combinaison cohérente de toutes les voies disponibles, allant de la diplomatie gouvernementale à l’action militaire, soutenues par la cohésion citoyenne. Il exhorte l’ensemble de la classe politique et de la population à dépasser les querelles d’individus pour se concentrer sur l’essentiel, à savoir la refondation de l’État et le retour définitif de la paix.
C. K. L.
