Crise énergétique en RDC : La SNEL mise sur des solutions d’urgence et une restructuration en profondeur pour pallier le déficit de production

​Le Directeur Général de la Société Nationale d’Électricité, le PhD Eng. Teddy Lwamba, a dressé un état des lieux sans complaisance du secteur électrique lors du briefing presse tenu ce jeudi 1er octobre au Studio Maman Angebi de la RTNC autour du thème « Desserte de l’électricité en RDC : État des lieux, enjeux et pistes de solutions ».

​Face au sous-équipement, aux contraintes financières et aux variations saisonnières du débit des fleuves, la gouvernance de la SNEL a réaffirmé sa volonté de stabiliser la desserte nationale. Teddy Lwamba a expliqué que le parc productif de la SNEL dispose aujourd’hui d’une capacité théorique de 3 500 mégawatts, répartie principalement entre le pôle Ouest avec Inga 1, Inga 2 et Zongo, et le pôle Sud avec Nseke et Busanga. Le patron de la SNEL a toutefois souligné l’existence d’un déséquilibre majeur causé par l’explosion de la demande du secteur minier après la libéralisation de ce dernier. Les besoins industriels sont passés de 600 mégawatts à plus de 5 000 mégawatts, aggravant un déficit structurel déjà critique.

​Pour faire face à l’augmentation de la demande et à la baisse drastique du niveau des eaux entre juillet et mi-octobre, la SNEL se voit contrainte d’appliquer le délestage et la politique dite de « l’hydro-délestage », répartissant une quantité limitée d’énergie à tour de rôle entre les quartiers.

Le Directeur Général a reconnu que ces mesures de rotation ne résolvent pas durablement le problème et que l’entreprise cherche des solutions alternatives immédiates. Teddy Lwamba a cité l’expérimentation en cours avec un opérateur turc visant à déployer des centrales flottantes sous forme de bateaux-centrales, une option permettant d’injecter rapidement de la puissance dans le réseau sans l’obligation d’attendre de lourds travaux d’infrastructure qui prendraient plusieurs années.

​Le Premier dirigeant de la SNEL a longuement insisté sur la trilogie de contraintes financières et structurelles qui freine l’entreprise. Il a rappelé que la SNEL souffre de tarifs administrés très bas, très éloignés des coûts réels de production, mais aussi d’un recouvrement déficitaire auprès de ses principaux abonnés.

L’État congolais représente à lui seul près de 25 % de la consommation nationale, générant une accumulation de créances non payées qui assèche la trésorerie de la société. Teddy Lwamba a déploré le fait que seulement 15 % des recettes courantes restent disponibles pour assurer l’exploitation, la main-d’œuvre et la maintenance du réseau, empêchant tout investissement massif sur fonds propres.

​Abordant le volet des investissements à long terme et de la diversification énergétique, le PhD Eng. Teddy Lwamba a salué la vision des réformes impulsées par le Président de la République et le Gouvernement pour restaurer la viabilité du secteur. Le Directeur Général a rappelé que la réhabilitation complète du réseau et la concrétisation des grands projets hydroélectriques nécessiteront des dizaines de milliards de dollars ainsi qu’une clarification des régimes juridiques de concession et de distribution.

Signalons que Teddy Lwamba a appelé à une responsabilité collective des consommateurs concernant le paiement des factures et la protection des infrastructures, tout en réaffirmant la détermination de la SNEL à diversifier ses sources avec le solaire photovoltaïque pour garantir une alimentation électrique stable à l’ensemble de la population

C. K. L.

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