Ancien ambassadeur itinérant du président de la république Félix Tshisekedi, Claude Ibalanky a refait surface dans un contexte explosif.
Le désormais membre de l’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 mars, il a livré une charge virulente contre le régime de Kinshasa, au lendemain de la mort de Willy Ngoma.
Dans une déclaration au ton offensif, l’ex-collaborateur du chef de l’État a dénoncé l’existence, selon lui, d’ » un système invisible mais redoutable » opérant au sommet de la République démocratique du Congo. Il décrit sans honte une » machine organisée pour salir, briser et écarter » des individus, à travers campagnes de dénigrement, manipulations médiatiques et pressions politiques.
Une attaque frontale contre le pouvoir
Dans son intervention, Claude Ibalanky évoque un réseau composite mêlant conseillers, communicateurs, cadres du parti au pouvoir et figures religieuses » instrumentalisées « . Selon lui, ces acteurs participeraient à la fabrication d’une opinion publique orientée, visant à neutraliser certaines voix critiques et à protéger » les vrais fauteurs « .
Il affirme également que des segments des services de sécurité et des cercles d’influence financeraient ces opérations, créant un climat de peur propice à la consolidation du pouvoir. Des accusations graves qui, pour l’heure, n’ont pas fait l’objet de réaction officielle des autorités congolaises.
D’ancien émissaire présidentiel à figure d’un mouvement rebelle
La sortie médiatique de Claude Ibalanky suscite d’autant plus de commentaires qu’il fut, pendant un temps, un proche collaborateur du président Félix Tshisekedi, occupant les fonctions d’ambassadeur itinérant. Son passage dans les cercles du pouvoir contrastait alors avec son positionnement actuel aux côtés de l’AFC/M23, mouvement politico-militaire actif dans l’est reconnu mondialement pour déstabilisation de la partie Est du Pays.
Cette trajectoire alimente les critiques de ses détracteurs, qui voient dans sa prise de parole une posture paradoxale.
Certains observateurs estiment qu’il règle aujourd’hui ses comptes avec un système qu’il a lui-même servi, tandis que d’autres y lisent le signe des fractures persistantes au sein des élites politiques congolaises.
Un contexte sécuritaire et politique tendu
La mort de Willy Ngoma, figure associée au M23, intervient dans un climat particulièrement sensible marqué par des affrontements récurrents dans l’est de la RDC et des tensions diplomatiques régionales. Dans ce contexte, chaque déclaration publique d’acteurs politiques ou militaires prend une dimension stratégique.
Reste à savoir si cette sortie médiatique aura un impact réel sur l’opinion ou si elle s’inscrira dans la longue série de passes d’armes verbales entre anciens alliés devenus adversaires. Une chose est certaine : le débat politique congolais demeure profondément polarisé, et les lignes de fracture continuent de se creuser entre pouvoir central et mouvements contestataires.
Joël Ekutshu
