Depuis quelques jours, une déclaration attribuée à Jean Marie Kasamba, présumé patron de Télé 50, fait le tour de la sphère médiatique congolaise. Selon lui, le gouvernement aurait déboursé près de 26 millions de dollars pour la participation de la République démocratique du Congo à la Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025, une somme qui dépasse largement la prime de champion attribuée par la CAF.
Ces chiffres ont suscité l’émoi et l’interrogation dans l’opinion publique. Pourtant, à y regarder de plus près, aucune source officielle ni enquête rigoureuse n’accompagne ces allégations. Dans le contexte actuel où la transparence financière est au cœur des attentes citoyennes, il est essentiel de distinguer information vérifiée et rumeur amplifiée.
Absence de preuves vérifiables
Jusqu’à présent, les montants avancés par certaines publications n’ont été confirmés par aucun communiqué officiel du gouvernement, du comité de gestion des Léopards ou de la Fédération congolaise de football (FECOFA). L’absence de documents budgétaires, de déclarations ministérielles ou de sources directes affaiblit toute tentative de crédibilité autour de ces chiffres.
La responsabilité du journaliste
L’exercice du journalisme impose un devoir d’enquête, de recoupement et de transparence. Publier des montants aussi précis sans citer des sources vérifiables est frustrant pour le public et dangereux pour la crédibilité du secteur. Le public s’attend à des journalistes qui examinent, interrogent, vérifient et contextualisent les données avant de les relayer.
Dans le cas présent, il ne s’agit pas seulement d’une divergence d’opinion :
- Aucune pièce justificative n’accompagne les chiffres avancés.
- Aucune source institutionnelle n’a validé ces montants.
- Il en résulte une information flottante qui confine davantage à la spéculation qu’à l’investigation sérieuse.
Le sport congolais mérite mieux
Didier Budimba, figure citée dans ces échanges, est reconnu par les acteurs du football comme un responsable engagé dans le développement du sport national. Que l’on adhère ou non à ses méthodes, il mérite une couverture médiatique basée sur des faits plutôt que des affirmations non sourcées.
L’appel au professionnalisme
Dans un environnement où les médias jouent un rôle clé dans l’éducation civique, économique et sociale, la seule manière de gagner la confiance du public reste :
- de vérifier les faits avant publication,
- d’identifier clairement ses sources,
- et de corriger publiquement toute information qui s’avère inexacte.
L’affaire des « 26 millions » a mis en lumière un manque de rigueur qui nuit à l’image du journalisme professionnel en RDC. Le débat autour de la gestion des ressources liées à la participation de la RDC à une compétition internationale est sain et nécessaire à condition qu’il repose sur des éléments vérifiables et une enquête sérieuse.
Le public congolais mérite des médias qui éclairent, instruisent et responsabilisent, et non des chiffres jetés en pâture sans fondement.
Joël Ekutshu
