Appel à ville morte à Kinshasa : UNISIC sous Bayedila entre neutralité et mobilisation

Mercredi 3 juin 2026 restera gravé comme une journée de tension et de paradoxe dans l’histoire académique congolaise. Alors que la République démocratique du Congo vit au rythme de l’opération « ville morte » initiée par la Coalition Article 64 (C64), l’Université de Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC) se retrouve au cœur d’un bras de fer symbolique.

Le dilemme institutionnel

D’un côté, le comité de gestion de l’UNISIC, conduit par Bayedila et son équipe, aurait intimé aux étudiants de rester chez eux pour des raisons de sécurité. Selon les sources internes, un membre du Comité de Gestion aurait demandé à ses collaborateurs de communiquer afin de rassurer la communauté estudiantine sur l’effectivité des activités académiques. D’après les même, cette demande aurait été rejetée par la rectrice elle-même, qui, a du coup instruit à son collègue, le Secrétaire Général Académique, Professeur Georges soupçonné d’être proche de la C64, de manoeuvrer pour une adhésion implicite à ce mot d’ordre.

De l’autre, la voix officielle du gouvernement, par la note de service du Vice-Premier Ministre de la Fonction publique Jean-Pierre Lihau, rappelle fermement aux agents de l’État leur devoir d’assiduité et de neutralité, menaçant de sanctionner les absences injustifiées.

Neutralité ou engagement ?

Ce contraste illustre la fracture entre institutions publiques et mouvements citoyens. L’université, censée incarner la neutralité académique, se retrouve instrumentalisée dans une lutte politique, depuis l’installation du Comité de gestion Bayedila. Depuis toujours, son cabinet est composé de plusieurs membres, hostiles au régime de Tshisekedi. Souvent, ils ne se cachent pas dans des forums WhatsApp où ils critiquent le pouvoir en place et applaudissent l’appel à la ville morte, qui pour eux a réussi. Les étudiants, pris en étau, doivent choisir entre obéir à leur administration ou respecter les injonctions gouvernementales.

La journée a été ainsi un test grandeur nature de la capacité de la C64 à mobiliser au-delà des cercles militants, en touchant directement les familles, les marchés et les campus. Cette « ville morte » n’est pas qu’un simple arrêt des activités. Elle marque la volonté de l’opposition de transformer l’espace public en terrain de contestation pacifique.

Si l’UNISIC sous Bayedila s’est pliée à ce mot d’ordre, c’est tout le système éducatif qui risque d’être entraîné dans une spirale de politisation. Signalons qu’aune autorité ni enseignant ni étudiant personne n’a été perçu sur le campus.

Rédaction

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