Alors que la nation suivait le discours du Président de la République, le lundi 8 décembre, une scène d’une violence inacceptable se produisait à Kintambo, l’une des communes les plus fréquentées de la capitale. La journaliste Forgive Kinkendu, figure montante de la presse congolaise, a été enlevée aux environs de 21h dans un taxi, menacée sous arme, agressée physiquement et dépouillée de tous ses effets professionnels et personnels.
Rescapée, mais profondément marquée, Forgive ne s’est pas relevée indemne de cette attaque. Les coups reçus l’ont laissée physiquement affaiblie, au point qu’elle est contrainte de suspendre toutes ses activités professionnelles. Bloquée à domicile, elle n’est plus en mesure d’assurer les reportages qu’elle réalisait avec passion et rigueur. Sa vie sociale en est fortement impactée, et sa voix, habituellement dynamique sur le terrain, est aujourd’hui réduite au silence.
Malgré cette épreuve, elle a survécu, mais l’insécurité, elle, prospère. Ce drame s’est déroulé alors que toute l’attention était portée sur l’allocution présidentielle, révélant à quel point la sécurité à Kinshasa reste fragile et imprévisible. Pire encore, selon son entourage, les services de police saisis n’ont manifesté aucun élan d’assistance, exigeant même des moyens financiers pour recevoir sa plainte.
“Je lance un SOS aux autorités”, déclare-t-elle avec courage. Ce cri, c’est celui d’une journaliste, d’une femme, d’une citoyenne qui refuse que la peur devienne la norme.
Kinshasa est en danger, et la presse en première ligne.
Joël Ekutshu
