Affaire Yav Irung : la Cour militaire face à des soupçons encore non étayés

La Haute Cour militaire a repris, mardi 27 janvier 2026, l’examen du procès du général Philémon Yav Irung, poursuivi pour de présumées relations avec l’entourage du général rwandais James Kabarebe. Au cœur de l’audience, le témoignage du général-major Sylvain Ekenge, entendu comme source de renseignement, a permis de revenir sur l’origine des soupçons qui pèsent sur l’ancien commandant d’une vaste zone de défense dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Devant les juges, Sylvain Ekenge a retracé une série d’informations recueillies lors d’échanges informels impliquant plusieurs hauts responsables militaires. Il a notamment évoqué une réunion tenue au cabinet de l’ancien gouverneur militaire du Nord-Kivu, Constant Ndima, au cours de laquelle des propos attribués au général Peter Chirimwami, alors en charge des opérations Sokola, auraient été rapportés. Ces déclarations faisaient état de confidences attribuées au général Yav, sans toutefois qu’un élément matériel ne vienne les corroborer.

Le renseignant a également indiqué que le général Chirimwami aurait affirmé avoir vu un message supposément envoyé par un proche collaborateur de James Kabarebe, reprochant à ce dernier de compromettre un projet en cours. Toutefois, Sylvain Ekenge a reconnu devant la Cour que ces informations reposaient sur une chaîne de témoignages indirects et qu’aucun lien formel n’avait pu être établi entre ces propos et une éventuelle collusion avérée, soulignant ainsi les limites du dossier présenté.

Arrêté en septembre 2022, le général Philémon Yav Irung, surnommé « le Tigre », reste une figure militaire controversée, son procès dépassant désormais le strict cadre judiciaire. Plusieurs acteurs politiques évoquent une affaire à connotation régionale, dénonçant une mise à l’écart d’officiers originaires du Grand Katanga. Des accusations que l’état-major des FARDC rejette catégoriquement, affirmant que cette procédure relève exclusivement de l’application de la loi militaire et non de considérations politiques, tribales ou régionales.

CB

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