Accord de Washington : un processus ralenti, entre progrès diplomatiques et blocages sécuritaires

Cinq mois après la signature de l’Accord de Washington, le mécanisme de mise en œuvre montre des signes d’essoufflement. Le rapport d’évaluation de novembre 2025 révèle que moins d’un quart des tâches prévues ont été exécutées, soit 19 sur 30. La RDC, qui porte la majeure partie des responsabilités, n’a avancé que sur 16 des 26 engagements qui lui incombent, tandis que le Rwanda n’a progressé que sur 13 de ses 22 obligations. Seule la communauté internationale affiche une dynamique plus soutenue, ayant entamé l’ensemble des actions qui lui sont confiées.

Malgré cette lenteur, quelques signaux positifs ont été enregistrés durant le mois. La signature du Cadre d’intégration économique régionale entre Kinshasa et Kigali illustre une volonté d’arrimer coopération économique et efforts de stabilisation. Dans le même esprit, l’accord-cadre conclu au Qatar entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23, ainsi que le fonctionnement continu des structures conjointes JSCM et JOC, témoignent de la persistance d’un dialogue institutionnel, malgré la fragilité du contexte régional.

Cependant, ces avancées sont ternies par l’absence de progrès sur des volets déterminants de l’Accord. Les opérations visant la neutralisation des FDLR, tout comme la levée des dispositifs défensifs rwandais prévus pour octobre, n’ont pas été exécutées. Les combats se poursuivent dans plusieurs zones entre les FARDC et l’AFC/M23, en contradiction avec les engagements du 15 novembre. À cela s’ajoutent la persistance des obstacles humanitaires, dont la non-réouverture de l’aéroport de Goma, et des rapports techniques jugés trop lacunaires pour éclairer pleinement l’évolution de la situation.

Ce contraste entre signaux d’ouverture diplomatique et inertie opérationnelle laisse planer une incertitude sur l’avenir de l’accord. Les observateurs craignent qu’en l’absence d’un sursaut coordonné de toutes les parties, les avancées enregistrées ne suffisent pas à inverser la tendance actuelle. Le mois de novembre confirme ainsi que la consolidation de la paix reste tributaire d’un engagement plus ferme, en particulier sur les dossiers sécuritaires les plus sensibles.

CKK

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