Kinshasa accuse l’AFC-M23 et le Rwanda d’être à l’origine d’un drame humain majeur sur le site minier de Rubaya, dans le Nord-Kivu, où un éboulement meurtrier a coûté la vie à des centaines de civils contraints de travailler dans des conditions illégales et dangereuses.
Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a vivement dénoncé, dans un communiqué officiel, l’exploitation minière illégale menée par l’AFC-M23 avec le soutien du Rwanda à Rubaya, territoire de Masisi.
Selon les autorités, un éboulement survenu le mercredi 28 janvier 2026 sur le site de Luwowo, dans l’agglomération de Gasasa, a causé la mort de centaines de civils, principalement des creuseurs artisanaux. « Le gouvernement de la République démocratique du Congo a appris avec une profonde consternation le drame survenu ayant causé la mort de centaines de civils », indique le communiqué, évoquant une tragédie directement liée à « l’exploitation sauvage et illégale des ressources naturelles congolaises, orchestrée par le Rwanda et le M23/AFC».
D’après les informations recueillies sur le terrain, le bilan provisoire fait état d’au moins 200 morts, des victimes ensevelies dans ou autour des puits de creusage, dépourvus de toute norme de sécurité.
Le gouvernement rappelle que ce drame n’est pas isolé : en juin 2025, plus de 300 personnes avaient déjà péri dans des circonstances similaires dans le même périmètre minier.
Face à cette répétition de catastrophes, les autorités expriment leur compassion : « En ces circonstances douloureuses, le Gouvernement exprime sa profonde compassion aux familles endeuillées et s’incline devant la mémoire des victimes ».
Kinshasa souligne par ailleurs que le site minier de Rubaya est officiellement classé « zone rouge », ce qui interdit toute activité d’exploitation. « Les activités de creusage poursuivies sur ce site s’effectuent donc en violation flagrante de la loi », rappelle le communiqué.
Malgré cette interdiction, des quantités importantes de coltan continueraient d’y être extraites chaque mois et acheminées illicitement vers le Rwanda, alimentant, selon le gouvernement, une véritable économie de guerre. Cette situation se traduirait par des anomalies majeures, notamment une hausse de plus de 200 % des exportations rwandaises de coltan en 2025, sans lien avec ses ressources propres.
Le gouvernement congolais dénonce enfin l’inefficacité des mécanismes internationaux de traçabilité et met en cause certains acheteurs internationaux accusés de fermer les yeux sur l’origine des minerais.
Qualifiant ces pratiques de pillage et de crimes de guerre, Kinshasa affirme sa détermination à poursuivre la documentation des faits et à saisir les juridictions compétentes. « Le gouvernement réaffirme sa détermination à rétablir l’autorité de l’État et à mettre fin à toute exploitation illégale des ressources naturelles », tout en appelant la communauté internationale à prendre la pleine mesure de ce drame.
CB
