Journalisme ou jalousie ? Patrick Lokala s’en prend à Israël Mutombo face à l’ascension fulgurante de Bosolo TV

Ces derniers jours, une sortie médiatique de Patrick Lokala, se présentant comme journaliste, a suscité de nombreuses réactions dans le milieu de la presse congolaise. Dans une déclaration largement relayée, il affirme :

« Quelqu’un qui n’a jamais appris le journalisme ne peut pas prétendre devenir journaliste d’investigation. Il n’y a qu’au Congo où un simple laborantin peut crier sur tous les toits qu’il fait des enquêtes journalistiques alors qu’il n’a jamais appris les méthodes. Bien plus, dans notre pays, il n’y a aucun média qui dispose des moyens pour mener une enquête journalistique », attaque Patrick Lokala.

Cette prise de position appelle un recadrage nécessaire, non par esprit de polémique, mais par souci de rigueur professionnelle et de cohérence intellectuelle.

Une contradiction flagrante

Affirmer publiquement qu’aucun média congolais ne dispose des moyens pour mener des enquêtes journalistiques, tout en publiant soi-même des articles présentés comme  » conclusions de mes enquêtes « , relève d’une contradiction manifeste.
Soit l’enquête journalistique est possible au Congo et alors elle ne peut être niée chez les autres , soit elle ne l’est pas, et il faudrait alors avoir l’honnêteté intellectuelle de s’appliquer cette même logique.

Le journalisme ne saurait être crédible lorsqu’il se construit sur des raisonnements à géométrie variable.
Le journalisme ne se réduit pas à un diplôme universitaire. Il est vrai qu’Israël Mutombo, fondateur et patron de Bosolo TV, n’a pas suivi un cursus universitaire classique en journalisme. Mais réduire le journalisme à un diplôme académique est une vision dépassée et élitiste de la profession.

Le journalisme est avant tout :
une pratique,
une méthode,
une éthique, et une responsabilité publique.
Israël Mutombo a suivi des formations en journalisme, exerce quotidiennement le métier, innove sur le plan télévisuel et dirige aujourd’hui l’une des chaînes les plus suivies du pays, Bosolo TV, reconnue pour sa qualité technique (Full HD) et son impact populaire. Ce sont là des faits, pas des opinions.

L’investigation : une pluralité de méthodes

Contrairement à ce que certains tentent de faire croire, le journalisme d’investigation ne repose pas sur une seule technique exclusive. Il s’appuie notamment sur :
la collecte d’informations,
le dépistage,
la découverte,
et l’analyse documentaire.
Même lorsqu’un journaliste ne mobilise pas simultanément toutes ces méthodes, le recours à l’une ou plusieurs d’entre elles constitue bel et bien une démarche d’enquête. Les émissions et productions de Bosolo TV démontrent clairement l’usage de la découverte, de l’analyse documentaire et de la collecte d’informations, qui sont des piliers reconnus de l’investigation journalistique.

Nier cela, c’est soit méconnaître les bases du métier, soit refuser volontairement de les reconnaître chez autrui.

Quand l’audimat devient un problème

Il est difficile de ne pas voir, derrière ces attaques répétées, une jalousie professionnelle nourrie par le succès populaire et l’audience grandissante de Bosolo TV. L’audimat ne devrait jamais être un motif de disqualification, mais plutôt une invitation à se remettre en question, à innover et à élever le niveau du débat médiatique.

Le journalisme congolais a besoin de pluralité, d’innovation et de solidarité professionnelle, pas de règlements de comptes déguisés en leçons de morale.

Le débat sur la qualité du journalisme est légitime. Mais il doit se faire avec honnêteté, cohérence et respect des faits. Attaquer un confrère en niant son travail, tout en se contredisant soi-même, ne renforce ni la crédibilité de l’auteur ni celle de la profession.
Le journalisme se juge à l’impact, à la méthode et à la vérité des faits, pas à la jalousie ni au mépris.

Joël Ekutshu

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