Une opération judiciaire sans précédent a été menée récemment à Kinshasa avec le transfert de plusieurs hauts officiers des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à la prison militaire de Ndolo.
Cette décision fait suite à une enquête approfondie de six mois conduite par le Conseil national de cyberdéfense (CNC), qui affirme avoir collecté des preuves solides impliquant des officiers de haut rang et des civils dans des manœuvres compromettant la sécurité de l’État. Parmi les inculpés figurent le lieutenant-général Franck Buamunda Ntumba, ancien chef de la Maison militaire du président, le général-major Christian Ndaywel Okura, et plusieurs généraux et colonels.
Les accusations portées contre eux sont lourdes et variées : association de malfaiteurs, complot contre le chef de l’État, tentative d’assassinat, trahison par contacts avec une puissance étrangère, diffusion de fausses informations et offense au président. Certains sont également poursuivis pour clientélisme, incitation à s’armer contre l’autorité de l’État et pratiques tribales. Cette accumulation d’infractions souligne une possible défaillance systémique au sein de la hiérarchie militaire et met en lumière la vulnérabilité de certaines structures clés de l’armée.
Le contexte de ces inculpations s’inscrit dans un mouvement plus large de purges au sein des FARDC, entamé depuis 2025, visant officiellement à renforcer la discipline et la loyauté dans l’institution militaire. Toutefois, cette initiative soulève des questions sur la stabilité et la cohésion de l’armée, ainsi que sur la capacité du pouvoir exécutif à concilier rigueur disciplinaire et maintien d’une force militaire crédible face aux menaces internes et externes.
Au-delà de l’aspect judiciaire, cette affaire révèle une tension persistante entre autorité politique et institution militaire, illustrant les défis de gouvernance et de contrôle d’une armée en proie à des influences internes et externes. La réussite de ces purges dépendra autant de leur transparence que de la capacité du gouvernement à reconstruire un climat de confiance et à garantir l’intégrité des forces armées comme pilier de sécurité nationale.
CK
