Organisation du 9 è Sommet de la CIRGL: La RDC obtient la reconnaissance claire de l’agression rwandaise

Le Ministre de la Communication et des Médias, Porte-Parole du Gouvernement, Patrick MUYAYA KATEMBWE et le Ministre de l’Intégration régionale, Floribert ANZULUNI ISILOKETSHI, ont tenu un Special Briefing Presse ce lundi 17 novembre au Studio Maman Angebi de la RTNC. Les deux membres du Gouvernement congolais se sont appesanti sur les enjeux de la présidence de la Conférence Internationale sur la Région des Lacs (CIRGL), obtenue par la République démocratique du Congo, à l’issue du IXᵉ Sommet des Chefs d’État de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), tenu à Kinshasa le 15 novembre dernier.

D’après le Ministre de l’intégration Régionale régionale, la RDC va servir de sa désignation à la tête de l’Organisation pour la restauration de la paix avant toute coopération économique.

Au terme de ces assises, le Chef de l’État congolais, Félix Tshisekedi, président a reçu le mandat de présider la CIRGL pour les deux prochaines années.
Parallèlement, le Ministre Floribert Anzuluni assumera désormais la présidence du Comité interministériel régional, également pour deux ans.

Ce sommet a permis aux dirigeants de la région de faire le point de la situation sécuritaire, diplomatique et politique, mais aussi d’actualiser les engagements de coopération régionale.

Créée pour accompagner le Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement signé le 15 décembre 2006, la CIRGL rassemble douze États : l’Angola, le Burundi, le Kenya, l’Ouganda, la Centrafrique, le Congo-Brazzaville, la RDC, la Tanzanie, le Rwanda, le Soudan, le Soudan du Sud et la Zambie.

Elle constitue un cadre unique regroupant tous les pays directement ou indirectement concernés par les conflits armés dans l’Est de la RDC.

Les États membres ont adopté une série de protocoles essentiels, parmi lesquels :

  • Le Protocole de non-agression et de défense mutuelle ;
  • le Protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance ;
  • Le Protocole de coopération judiciaire ;
  • Le Protocole sur la prévention du génocide et des crimes contre l’humanité ;
  • Le Protocole sur la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles ;
  • Le Protocole sur la zone spécifique de reconstruction et de développement ;
  • Le Protocole sur la prévention des violences sexuelles ;
  • Le Protocole sur la protection des personnes déplacées ;
  • Le Protocole sur les droits de propriété des rapatriés ;
  • Le Protocole sur la gestion de l’information et de la communication.

Ces engagements sont mis en œuvre à travers cinq grands programmes :

  1. paix et sécurité ;
  2. ⁠démocratie et bonne gouvernance ;
  3. ⁠développement économique et intégration régionale ;
  4. ⁠questions humanitaires, sociales et environnementales ;
  5. ⁠genre, femmes et enfants.

Le Ministre Anzuluni a rappelé que le Rwanda avait été officiellement invité à participer au sommet, en tant que membre de plein droit de l’organisation, via les canaux diplomatiques établis.

Cette précision intervient dans un contexte où la région demeure marquée par des tensions persistantes, notamment dans l’Est de la RDC.

L’un des points majeurs du sommet est la Déclaration finale adoptée unanimement par les États membres présents.

Elle stipule :

« Nous appelons les États membres à continuer de soutenir le processus de paix en RDC, mais surtout à exiger le retrait sans délai du territoire congolais des troupes du pays agresseur, conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies. »

Pour le Ministre de l’Intégration régionale, la valeur ajoutée de cette déclaration réside dans sa formulation explicite :
le Rwanda est reconnu comme “agresseur” de la République Démocratique du Congo.

Une reconnaissance régionale officielle rare et politiquement lourde de sens, dans une organisation qui regroupe justement les États impliqués dans les dynamiques de conflit autour de la RDC.

La présidence de la CIRGL accordée à la RDC pour deux ans traduit la confiance des États membres envers le leadership congolais. Elle ouvre une nouvelle phase où Kinshasa devra :

  • Renforcer la diplomatie régionale ;
  • Accélérer la mise en œuvre des protocoles ;
  • Consolider les efforts de paix et de sécurité ;
  • Promouvoir une coopération économique renouvelée ;
  • Défendre ses intérêts face aux agressions et exploitations illégales.

Le IXᵉ Sommet de la CIRGL à Kinshasa marque une étape décisive pour la RDC. À travers la Déclaration de Kinshasa et la reconnaissance formelle de l’agression rwandaise, le pays obtient un appui diplomatique régional fort. En assumant désormais la présidence de l’organisation, la RDC entend jouer un rôle moteur pour la paix, la sécurité et le développement dans toute la région des Grands Lacs.

Gracieux Bazege

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